22 avril 2014

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  • Intervalle de confiance : pourquoi tant de défiance ?

    le 5 mai 2014 à 20:58, par christophec

    Je copie-colle un commentaire que j’ai mis en fait à la suite d’un article de Pierre Colmez qui m’a dit être d’accord et suggéré de le reporter ici, où semble-t-il, il apparaitra plus apporter une contradiction au présent article (je me contente de le copier-coller étant assez pressé).

    [Pour essayer de faire simple, il me semble qu’on pourrait aussi poser la question de la manière suivante :

    ce n’est pas « faut-il enseigner les statistiques au lycée ? »(1)
    Mais « peut-on enseigner les statistiques au lycée ? »(2)

    En précisant bien que quand on essaie de faire quelque chose d’impossible ou de trop difficile, ce n’est pas « au pire rien n’est gagné », mais « ça peut coûter très cher »

    J’ai l’impression que beaucoup de gens souhaitent très sincèrement témoigner que la réponse à la question (2) est « non » (et qu’ils ajoutent « le simple fait d’avoir essayé est désastreux »)

    Dans la confusion entre les questions (1) et (2), il n’est pas impossible qu’on ait aussi des débuts de réponses aux questions suggérées dans les échanges de commentaires qui précédent « qui décide ? », « qui a autorité ? », etc... En effet, quand on commence à voir des personnes (ayant un pouvoir) répondre « oui » à des questions du genre « oui, il faut » ou « oui, il faudrait » au plus grand mépris de la réponse à la question « est-il possible de..? », c’est le début du « y a qu’à » politique déconnecté de l’analyse technique.

    La folie qui a tenté d’introduire un semblant d’enseignement de fausses stats dans le secondaire ne procéderait-elle pas, avant tout, un peu de ce « y a qu’à » ?

    Personnellement, si on me forçait à répondre à la question « serait-il bien d’enseigner la ’science statistique’ au lycée ? (SOUS L’HYPOTHÈSE QUE CE SOIT POSSIBLE) » je serais bien malhonnête si je répondais « non ».

    Et je suis particulièrement agacé de voir que c’est toujours cette question qu’on essaie de refiler comme titre aux différents débats. Je suis tout à fait « pour » qu’il n’y ait plus de faim dans le monde et tout à fait contre une loi, votée à l’assemblée nationale qui interdirait « la faim dans le monde » (j’aurais l’impression que nos élus sont devenus débiles).

    De la même manière, je suis tout à fait pour que nos concitoyens deviennent compétents en statistique et tout à fait contre un « y a qu’à » législatif ordonnant aux profs du secondaire, et aux inspecteurs qui les commandent disant « rendez nos élèves de lycée compétents en statistiques ».

    A mon sens, cette façon de fonctionner d’une démocratie et de son système éducatif est le principal problème.

    L’impossibilité d’enseigner la statistique (dont les preuves des théorèmes relèvent du recul d’un haut niveau bac +5, et la compréhension des énoncés d’un formalisme extrêmement pointilleux) à un chiard de 15ans en 2014 est anecdotique au regard de ce problème plus en amont]

    J’en profite aussi pour citer Karen Brandin, dont je viens de saisir une réplique qui m’a semblé extrêmement pertinente (je la mets en gras et l’entoure un peu de son contexte) :

    « Lorsque je lis cette phrase, je pense assister à un cours de micro ou macro-économie mais pas un cours de maths ; les frontières sont poreuses mais elles existent et il faut qu’elles existent parce qu’un peu de tout, c’est beaucoup de rien. Là encore, il y a un temps pour tout : un temps pour donner une intuition, une philosophie et un temps pour comprendre, s’approprier les objets, les structures.
    Le cours de maths n’a pas vocation à édicter des règles de décision au risque 5% »
    .

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