3 juin 2014

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  • Intervalles de confiance, le débat continue

    le 3 juin 2014 à 09:46, par Karen Brandin

    Je ne peux malheureusement pas me permettre à l’approche des épreuves du bac de répondre avec la sérénité et le degré de réflexion nécessaires car le temps me manque tout occupée que je suis à entrer dans mon rôle de « conditionneur » et de donneuse non plus de leçons mais de recettes puisque c’est ce que l’on attend de moi. :-(

    Néanmoins, je tiens à dire que (comme d’autres j’en suis convaincue), je suis très sensible à vos efforts récurrents et quasi-pédagogiques vis à vis des enseignants, d’où qu’ils viennent. De lire des billets aussi sincèrement et durablement convaincus donne nécessairement à réfléchir et l’on se demande légitimement si l’on n’a pas un peu rapidement condamné cette intervention plus marquée des statistiques en terminale S.

    De mon côté, une fois de plus, je ne hiérarchise pas les disciplines mathématiques ; j’ai fait des études longues en théorie algébrique des nombres, je n’en aurais pas fait en analyse numérique par exemple, ni même en théorie analytique des nombres donc il est évident qu’on n’avons pas tous la même sensibilité mathématique. Lorsque l’on enseigne, même si l’on a un devoir de réserve, il est un peu inévitable que le cours que l’on prodigue nous ressemble, c’est même souhaitable dans un certain sens car l’on y met un peu (beaucoup) de soi.

    Une chose pourtant nous rassemble, c’est le SENS.

    Donner du sens, de la matière à ce que l’on transmet et pour ce faire, il faut du temps et du recul. Or on n’a trop souvent ni l’un ni l’autre.

    Ce temps, on ne l’a pas en terminale S ; on ne cesse même de courir après lui sans jamais le rattraper malheureusement.

    Il n’y a pas de qualificatif assez enthousiaste pour se réjouir de l’introduction de l’option ISN (très diversement perçue par les élèves pourtant) alors puisque la voie est ouverte, que l’on soit plus ambitieux dans les options et que l’on crée un module de statistiques où l’on présente convenablement certains modèles statistiques et un module d’histoire des sciences tant qu’on y est car pour la plupart des Terminales S, Euclide déjeunait régulièrement avec Gauss !

    Faire bien ce que l’on fait, est-ce trop demander ?

    Les cours s’arrêtent vendredi 06 Juin ; combien de classe de terminales S n’ont pas encore traité la partie fluctuation/ échantillonnage ? Un nombre non-négligeable donc il va falloir aller « à l’essentiel » comme on dit pudiquement.

    J’invite enfin à consulter sur le site de l’APMEP par exemple les sujets du bac S/ES cru 2014 (de moins en moins distincts d’ailleurs ; même les sujets de ES sont moins décevants).

    Tous les énoncés ne sont pas accessibles en Latex donc je ne peux pas faire un copié-collé des extraits des énoncés et c’est bien dommage car ils sont tellement pauvres et redondants.

    Voici la dernière question du petit exercice 1 de l’épreuve de Pondichéry.

    L’entreprise A annonce que le pourcentage de moteurs défectueux dans la production est égal à 1\,\%. Afin de vérifier cette affirmation 800 moteurs sont prélevés au hasard. On constate que 15 moteurs sont détectés défectueux.
    Le résultat de ce test remet-il en question l’annonce de l’entreprise A ? Justifier. On pourra s’aider d’un intervalle de fluctuation.

    On n’échappe pas aux lois normales, intervalles de fluctuation ou confiance mais c’est traité de manière complètement systématique et dépouillée.

    Quant au corrigé, il se limite suivant à une réponse numérique : « à la calculatrice, nous obtenons » voire, dans le meilleur des cas, à un rappel de la ligne d’instruction à taper.

    Bientôt, il faudra faire avec son téléphone portable une photo de l’écran de la calculatrice que l’on agrafera à la copie. C’est le progrès :-(

    Mais mince, est-ce cela que sont devenus les maths ? À quand l’épreuve du bac qui tient sur un timbre poste ? En Inde, l’inspiration leur manquait tellement qu’ils ont utilisé cette année en ES le contexte de l’an passé en S :

    Section S en 2013 (extrait) :

    Dans une entreprise, on s’intéresse à la probabilité qu’un salarié soit absent durant une période d’épidémie de grippe.

    Section ES 2014 (extrait) :

    Une société s’est intéressée à la probabilité qu’un de ses salariés, choisi au hasard, soit absent durant une semaine donnée de l’hiver 2014.

    On travaille toute une année d’arrache-pied pour ça ? Quelle crédibilité peut-on avoir auprès des élèves ? avec un sujet de spé au Liban où le vrai défit est de trouver les questions car chaque ligne commence par « on admettra que, » pour un sujet de spé en Amérique du Nord où il s’agit de prédire un comportement de suites à partir d’un extrait de table ?

    Là encore, « exit » de l’arithmétique (des maths d’un autre temps), c’est l’avènement du calcul matriciel (très bonne idée dans le principe). Mais à part l’idée de faire des tableau avec des nombres sur lesquels on crée des opérations motivées par rien, que peut bien avoir compris un terminale S de l’outil matriciel si on le prépare simplement au bac ?

    Il s’agit d’enseignement, il ne s’agit pas de briller en société. Je rappelle que la terminale est l’interface entre le secondaire et le supérieur, enfin « était » ...

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