18 février 2015

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  • Faut-il mettre Pythagore dans une poubelle ?

    le 20 février 2015 à 12:18, par Étienne Ghys

    Plusieurs remarques à ce sujet :

    D’abord, ce débat est axé autour des maths au collège et pas au lycée. On pourra faite un autre débat plus tard sur le lycée et discuter des équations différentielles et des maths au bac, mais c’est une autre question. Restons donc au collège (qui concerne donc tous les enfants).

    Vous abordez trois points :

    1) Le fait que les profs de maths ne sont pas formés à l’informatique. Vous avez tout à fait raison mais ce genre d’arguments conduirait à un immobilisme total puisqu’il serait impossible d’enseigner des choses nouvelles. En passant, il serait difficile de trouver un concept des maths de collège qui soit postérieur au 18 ème siècle... Je pense que nous connaissons tous le problème central : l’incapacité de l’Education Nationale à organiser une véritable formation professionnelle tout au long de la carrière. Eh bien, il faudra que ça change...

    En ce qui concerne la formation initiale, si on prend en compte la nécessité absolue d’enseigner de l’informatique dans notre système scolaire, il n’y a pas beaucoup de solutions :

    — La solution préconisée par les informaticiens (en particulier Gérard Berry). La création d’un capes et d’une agrégation d’informatique. Cela entraînerait mécaniquement une baisse des horaires de maths (et des autres sciences) et une baisse du nombre de postes au Capes de maths (qui d’ailleurs, comme nous le savons tous, a de grandes difficultés à recruter en ce moment). Il y aurait des profs d’info, formés pour ça et des profs de maths, formés pour ça.

    — L’instauration d’une épreuve d’informatique au capes de maths, pour former des profs de maths-info, comme il y a des profs d’histoire-géo, ou de physique-chimie. Donc des profs ayant une double compétence. Là encore, cela entraînerait une diminution de la quantité de maths enseignée aux élèves, au profit de l’informatique. Il faudrait alors choisir entre deux programmes disjoints (un peu comme l’élève qui a un livre pour l’histoire et un pour la géographie) ou essayer, si possible, d’inventer des programmes « mixtes » en quelque sorte.

    — Il y aurait bien une troisième option mais il me semble qu’elle ne satisfait pas les enseignants (probablement pour de bonnes raisons). Des enseignants ayant une double compétence, du genre maths-phyique, ou info-physique, ou info-chimie etc. , comme dans beaucoup de pays.

    Je ne sais pas à quelle échéance une telle option sera prise, mais je ne vois pas d’autre solution.

    2) « Les liens avec les autres disciplines et la vie quotidienne sont contestables ». C’est votre point de vue mais je le regrette. Il me semble que les mathématiques au collège doivent au contraire être au contact avec les autres disciplines et la vie quotidienne. A mon avis, si la grande majorité de la population a un si mauvais souvenir des maths, c’est en bonne partie à cause du fait que ces liens ne leur ont pas été montrés. Et pourtant les mathématiques ont un besoin vital de ces interactions pour se développer.

    3) Quant à « Formation des profs à la recherche actuelle », je me réjouis que vous la trouviez souhaitable. Cela ne sera pas facile pour la même raison que plus haut : le manque de formation continue à l’Education Nationale, mais on peut toujours rêver... Images des Mathématiques a l’ambition de contribuer à cette formation, mais là aussi il y a des progrès à faire et le monde de la recherche ne parvient pas toujours à communiquer avec le monde enseignant. Il faut faire des progrès !

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