18 février 2015

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  • Faut-il mettre Pythagore dans une poubelle ?

    le 16 avril 2015 à 11:59, par Claire Parizel

    Bonjour ! Merci pour ce beau billet auquel je réponds avec du retard... j’espère que le débat n’en est pas pour autant terminé.

    Au risque de paraître iconoclaste je vais répondre à cette question par un : « bien sur que oui, il faut mettre Pythagore à la poubelle ». Lorsqu’on demande à des élèves à quelle époque vivait Pythagore et qu’on nous répond « En Autriche au XIXè siècle », bien sûr que oui, il faut mettre Pythagore à la poubelle, car Pythagore y est en fait ... déjà.

    Ce billet me semble d’autant plus intéressant qu’il pose la question de l’utilisation des mathématiques. Des interactions qu’elles permettent et des raisons pour lesquelles nous les regardons, les faisons. Pour comprendre le monde, comme ( justement ) Pythagore ? Oui. Pour agir avec le monde, être capable de s’y intégrer en ayant des connaissances semblables à celles de nos contemporains ? Oui aussi ! Pour modeler le monde, y être acteur et investi : oui, surtout.

    Dans cette mesure, je pense que l’enseignement des mathématiques doit permettre l’émancipation et la liberté. Et les mathématiques permettent la liberté à la seule condition qu’on les appréhende de façon non dogmatique : en les montrant, en les manipulant, en les mettant en question. Si l’utilisation qui est faite de ce théorème ne permet pas de faire émerger l’esprit critique des élèves, alors c’est inutile.

    La question qui se pose ensuite est : les élèves pourraient-ils mieux faire fonctionner leur esprit critique face à des problèmes qui les « touchent » plus ? La croissance des réseaux, la résolution de problèmes pratiques liés à la technologie ? Je pense que oui, même s’il sera alors impératif de guider les élèves dans la compréhension de la démarche qui guiderait cette pédagogie. Il ne s’agirait pas de faire d’eux des utilisateurs des mathématiques ( comme on utilise tous un ordinateur sans savoir une seule ligne de code ) mais des créateurs munis d’un droit de remise en question.

    Un type d’espace fonctionne beaucoup sur ce modèle participatif : il s’agit des FabLab. Ce sont des endroits munis de machines, en accès souvent très libre, et qui sont basés sur une philosophie liée à la démarche plus qu’au résultat. L’expérimentation y règne en maître mot, l’échec y est si naturel qu’il perd son caractère d’« échec » et devient juste un tournant du chemin.

    Peut-être qu’il serait intéressant d’imaginer dans quelle mesure l’enseignement des mathématiques pourrait agir avec ces fablab afin d’achever de connecter des élèves à un enseignement qui leur semble, sinon, aussi poussiéreux, intimidant et inutile qu’une époque qu’ils ne connaîtront jamais si on ne se donne pas la peine de la leur faire goûter auparavant dans toutes les disciplines ( la Grèce, du Vè siècle avant J.-C. ) ?

    Après Pythagore à la poubelle, je propose alors : « Pythagore au FabLab ? »

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