21 août 2015

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  • L’informatique sans ordinateur

    le 1er septembre 2015 à 10:29, par Baptiste Mélès

    Bonjour,

    Merci beaucoup pour vos remarques. Les exemples que vous donnez ne me semblent pas aller contre la thèse du texte, mais plutôt la confirmer. Dire qu’un savoir est formel, ce n’est pas dire qu’il ne peut pas être matériel, mais simplement qu’il ne dépend pas de ses implantations matérielles.

    Par exemple, vous parlez d’architecture d’un ordinateur : c’est quelque chose d’éminemment formel. Si vous lisez un programme comme le code source d’Unix v6 écrit pour PDP-11, vous n’avez généralement pas de PDP-11 ni même de simulateur sous la main, mais vous pouvez facilement en trouver le manuel sur le web et comprendre le fonctionnement des parties du programme écrites en assembleur. Le code source, édité et commenté par John Lions, peut se lire dans le bus, sans PDP-11 sous la main. Il arrive même très fréquemment dans l’industrie qu’on écrive des programmes pour une machine qui n’existe pas encore et dont on ne connaît que l’assembleur ou les interfaces de programmation (API).

    J’ignore où l’article vous a paru exprimer du dédain pour le codage. Si vous appelez noble ce que j’appelle formel, le codage est une activité aussi « noble » qu’écrire des mathématiques. Quand on écrit des mathématiques, on utilise un stylo et du papier, mais ce n’est pas une activité essentiellement physique pour autant : le matériau utilisé est quelconque.

    Il existe certes une pratique du codage dans laquelle l’interaction avec un ordinateur physiquement existant est importante, c’est l’empirisme (la programmation à tâtons) et le débogage par tests (en nombre fini). C’est une pratique utile quand on commence, et même assez ludique, mais ce n’est pas nécessairement la meilleure pédagogie (dans les universités et écoles d’ingénieurs, les examens de programmation ont plutôt lieu sur papier) et ce n’est surtout pas une garantie d’absence de bugs. Cette dimension-là est l’équivalent du brouillon en mathématiques : on progresse par essais et ratures. Il faut bien commencer par programmer à tâtons, mais l’idéal est d’arriver à s’en passer le plus possible.

    Enfin, vous pensez m’objecter un fait avec lequel l’article est tout à fait en accord : la couche physique est essentielle aux réseaux. Oui, mais elle est quelconque. Si un jour on trouve mieux que la fibre optique ou les câbles électriques, on n’aura probablement pas besoin de refondre le protocole Internet ni la théorie des réseaux.

    Bien cordialement,

    Baptiste Mélès.

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