21 août 2015

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  • L’informatique sans ordinateur

    le 2 septembre 2015 à 08:51, par Baptiste Mélès

    Bonjour,

    L’informaticien a besoin de connaître son support ; mais ce support est idéalisé. Si, pour reprendre votre exemple, on trouve un support permettant de délocaliser en chaque nœud la table de routage (ce qui, du reste, n’arrive pas tous les jours, ni même apparemment tous les 50 ans), on inventera un nouveau protocole ou une variante de l’existant (sans doute une surcouche qui permettra de faire abstraction des différences entre les deux supports), et ce protocole vaudra pour tous les supports du même type, aussi différents qu’ils soient, matériellement parlant, du premier découvert. Si Internet avait strictement dépendu du matériel réseau des années 1970, on n’aurait pas pu l’adapter à la fibre optique, aux ondes radio, etc. et ce protocole serait depuis longtemps obsolète.

    De plus, il est évidemment fondamental, comme vous l’écrivez, de savoir si l’on programme sur une machine parallèle ou non (ainsi que de connaître la mémoire disponible, le jeu d’instructions du processeur etc., selon le type de langages que l’on utilise). Il se trouve, fort heureusement, que c’est noté dans la documentation de la machine. On peut ainsi écrire un programme pour une machine qui est encore en cours de construction. Souvent, la machine pour laquelle on programme quand on apprend un langage de programmation est sa « machine virtuelle », qui n’est généralement pas celle que l’on a sous les yeux, et pourtant, aux yeux du programmeur, elle est aussi concrète.

    Quand l’article ci-dessus dit que la matière est laissée « à notre discrétion », il ne faut pas comprendre par là qu’elle soit arbitraire, mais au contraire, selon la définition usuelle, laissée à notre sagacité. Comme indiqué dans l’exemple du dictionnaire, elle doit respecter certaines consignes. Par exemple, l’écriture sur le papier est relativement stable, mais pas l’écriture sur l’eau, ni l’écriture sur le sable un jour de grand vent. L’important n’est pas de connaître le matériau, mais ses propriétés.

    Quant à vos derniers mots, l’article auquel vous réagissez est peut-être plus nuancé que les positions que vous vous déclarez las d’entendre et auxquelles il vous a paru faire écho. Vous semblez lui prêter la thèse selon laquelle la vraie informatique se passe d’ordinateur, alors que son propos est seulement de dire qu’il existe aussi une informatique sans ordinateur. La conclusion dit explicitement que l’ordinateur est l’objet informatique par excellence. Le propos de ce texte n’est pas non plus de privilégier l’informatique « théorique » sur la pratique informatique : comme vous l’aurez remarqué, le premier et le troisième exemple relèvent davantage de l’ingénierie que de l’algorithmique.

    Bien cordialement,

    Baptiste Mélès.

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