18 novembre 2016

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  • Le nouveau CAPES de Mathématiques

    le 18 novembre 2016 à 10:21, par FDesnoyer

    Bonjour,

    quand on pense que l’exemple que vous prenez peut être traité au collège ou au lycée (je l’ai fait chercher à mes élèves de Seconde) !

    J’insiste, à titre personnel, sur l’ineptie de telles épreuves : on recrute, certes, des enseignants de mathématiques mais que vont-ils devenir face à une évolution de programmes ? si les probabilités prennent de plus en plus de place (ça me semble probable) comment vont-ils s’adapter ?

    C’est le premier vice que j’entr’aperçois. Je ne peux qu’être inquiet de cette évolution. J’ai peur de voir mes enfants face à des enseignants qui, n’ayant pas eux-mêmes la flamme (déjà évoquée suite à l’und e vos billets), ne pourront plus la transmettre... Ce n’est pas là un avatar du « niveau qui baisse » (antienne déjà chère à Aristote !) mais bien une inquiétude sur l’étendue de culture et de curiosité que l’on pourra susciter et transmettre chez les jeunes.

    Bien amicalement,

    F.D.

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    • Le nouveau CAPES de Mathématiques

      le 27 novembre 2016 à 10:43, par ROUX

      Hum...

      J’ai eu des enseignant-e-s évidemment très bien formé-e-s aux mathématiques, qui possédaient une flamme (iels brulaient carrément d’un feu intérieur puissant), certes, mais pas la flamme joyeuse et joueuse, non, la flamme froide, tendue vers une rigueur exténuante.

      Exténuer : rendre mince, amoindrir ; affaiblir.

      Oui, si La Mathématique était, elle, renforcée, rendue ronde de promesses de nouvelles démonstrations de nouveaux théorèmes par cette recherche exténuante de rigueur, la grande majorité des élèves étaient effectivement affaibli-e-s et amoindri-e-s.

      Paradoxe : selon les enseignant-e-s de mathématiques, il n’y a plus beaucoup de lieux dans les programmes pour étancher cette soif de recherche de rigueur mais, pour les élèves, La Mathématique demeure le facteur principal dans l’amoindrissement de l’image de soi dans le domaine de l’intelligence : je suis mauvais-e en mathématiques donc je suis con-ne (pas intelligent-e).

      Je suis une tête pensante avec des mathématiques dedans mais pas remplie de mathématiques (remplie de physique). Tête pensante, je sais que je mettrais le temps qu’il faut pour comprendre, par exemple, les probabilités. Tête pensante, si je sais que « pour enseigner bien, il faut bien connaître ce que l’on enseigne », je sais aussi qu’on ne peut vérifier qu’on a compris que quand on fait ou qu’on enseigne.

      Je suis incontestablement joueur (je relève assez régulièrement les défis) et je suis joyeux : je serais sans doute un élément moteur d’un groupe d’étudiant-e-s de ce UE2 ;) !

      Ne ferais-je alors pas un bon enseignant de mathématiques au collège ou au lycée actuels ?

      Oh : Et à propos du UE2 : est-il prévu de faire plancher les élèves sur les défis de ce site ?

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  • Le nouveau CAPES de Mathématiques

    le 18 novembre 2016 à 18:36, par FDesnoyer

    (euh... je précise que « l’ineptie » concerne l’idée d’un écrit niveau Bac-2 et l’absence d’une réelle épreuve commune de mathématiques qui donnerait lieu à un approfondissement des connaissances... à relire mon message, on croirait que je vise la géométrie et l’exercice cité en exergue de l’article, désolé de l’ambiguïé)

    F.D.

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    • Le nouveau CAPES de Mathématiques

      le 19 novembre 2016 à 13:09, par Aziz El Kacimi

      Bonjour,

      Merci pour votre commentaire !

      (euh... je précise que « l’ineptie » concerne l’idée d’un écrit niveau Bac-2 et l’absence d’une réelle épreuve commune de mathématiques qui donnerait lieu à un approfondissement des connaissances... à relire mon message, on croirait que je vise la géométrie et l’exercice cité en exergue de l’article, désolé de l’ambiguïté)

      Ne vous inquiétez pas, j’ai bien compris ce que vous voulez dire et je ne me sens pas visé sur quoi que ce soit dans mon texte.

      Il y a une épreuve réelle (comme avant) portant sur le programme de mathématiques des classes préparatoires (c’est l’UE1 dont j’ai parlé). Mais le plus important est le niveau de réflexion de ces futurs enseignants, la façon dont ils doivent concevoir les maths, les aborder, les motiver... pour bien les enseigner ! Ce sont des choses qu’ils n’ont pas !!! La situation est désastreuse, il faut des profs, il y a des candidats au CAPES, ils ont beaucoup de chance de l’avoir...alors faisons ce qui est possible de faire pour limiter la casse ! Toutes ces années pendant lesquelles je me suis impliqué dans cette formation m’amènent à penser que cette UE2 est constituée des thèmes sur lesquels ce travail pourrait être mené. C’est ce que je fais avec mes étudiants de Master 1 enseignement et, a priori, ça a l’air de marcher !

      Cordialement,

      Aziz El Kacimi

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  • Le nouveau CAPES de Mathématiques

    le 7 décembre 2016 à 10:13, par Frédéric Millet

    Objectivement, ne rien faire pour endiguer la pénurie de professeurs de mathématiques implique immédiatement des classes sans professeurs ou des recrutements parallèles sans contrôle véritable donc aux compétences des intervenants très discutables. Étant donnée également l’idéologie dominante de nos politiques à considérer les fonctionnaires comme une charge et non comme un investissement, on ne peut compter sur eux pour revaloriser la fonction d’enseignant et son attractivité. Et toujours selon une idéologie dominante cherchant à calquer la fonction d’État sur le secteur privé, au nom d’une « efficacité » qui reste encore à prouver dans le privé, le métier d’enseignant ne verra pas ses conditions s’améliorer, et donc là encore, l’attractivité du métier s’en ressent. Comme on ne peut attendre de solutions politiques du problème, une modification des programmes est le moindre mal puisqu’il permet de reprendre quelque peu le contrôle sur le recrutement.

    Je n’adhère pas à l’argument qu’un enseignant aux connaissances vastes et bien établies fera un bon enseignant. En effet de par ma propre expérience d’étudiant à l’université j’ai eu quelques enseignants-chercheurs (ou peut-être dirons nous chercheurs tout court) incapables de structurer un cours. Il apparaissait aussi des cas où les enseignants ne comprenaient pas ce que nous ne comprenions pas, ce qui conduisait très rapidement à un dédain réciproque. Il me semble que si le recrutement des enseignants se fait sur une base plus large, et non plus parmi une élite sur-sélectionné n’ayant jamais rencontré d’accrocs dans leur scolarité, nous pourrons faire émerger des personnalités plus capables de comprendre les difficultés des élèves car elles-même auront déjà rencontré ces mêmes difficultés.

    D’autre part il ne faut pas oublier que c’est aussi en enseignant que l’on finit par comprendre certaines choses. Ce fut mon cas pour les déterminants qui étaient pour moi, avant que je les enseigne, un obscur bloubiboulga de recettes de calculs sans aucun sens. Par conséquent il ne faut pas croire qu’un individu reste figé dans ses connaissances (et ses lacunes) toute sa vie. C’est faire insulte à l’intelligence des futurs professeurs que de croire qu’ils ne seront pas capable d’apprendre encore.

    A ce sujet d’ailleurs, plutôt que de déplorer un affaiblissement des programmes, il faudrait plutôt s’inquiéter sur la faiblesse de la formation continue des enseignants. En effet, lorsqu’il y a une tension sur le nombre de professeurs en place, il y a par conséquent une tension sur le remplacement des postes temporairements vacants. Ce qui conduit à ce que les enseignants aient du mal à se former, faute de remplaçants pour assurer le service en leur absence.

    Je regrette que vous considériez que le métier d’enseignant peut s’apprendre sur le tas et que l’on peut se permettre d’être « mauvais » les premières années. Typiquement ce n’est pas un raisonnement que l’on applique pour les médecins. Et pourtant je considère que, comme pour les médecins, un mauvais enseignant peut avoir des conséquences catastrophiques sur l’avenir des élèves, et ceci tout particulièrement en mathématiques, qui comme nous le savons tous, sert d’instrument de sélection. D’autre part, je suis navré que les professeurs peu expérimentés soient envoyés dans les établissements où il y aurait justement le plus besoin de bon pédagogues.

    Et donc je vous rejoins sur le fait que l’enseignement de la didactique soit une excellente chose pour la formation des enseignants. Il s’agit à mes yeux d’une première porte de sortie de la croyance très répandue, que les mathématiques germent naturellement dans les cerveaux humains. Les mathématiques sont beaucoup trop enseignées comme un « tout cohérent » déconnectés des penseurs qui les ont crées. Et quand je lis ici ou là que les élèves ne savent pas penser, ne savent pas réfléchir, ne savent pas démontrer, je répond : Parce que on ne leur a jamais enseigné comment faire ! Et on ne peut s’en prendre qu’à nous même si nous avons des étudiants qui ne font qu’appliquer des recettes.

    Avec cette réforme et le développement de la didactique, j’ai bon espoir de voir d’autres façons d’appréhender les mathématiques qui ne s’attarderont plus sur le fait d’objectiver les mathématiques (au point de croire que les mathématiques sont des objets de nature...), mais sur les mécanismes qui engendrent cet édifice de papier.

    Frédéric Millet.

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    • Le nouveau CAPES de Mathématiques

      le 8 décembre 2016 à 09:47, par Frédéric Millet

      Un petit Podcast de « La fabrique de l’histoire scolaire » pour appuyer certains de mes propos :

      https://www.franceculture.fr/emissions/la-fabrique-de-lhistoire-scolaire/episode-9-lecole-superieure-du-professorat-et-de

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