18 mai 2017

5 messages - Retourner à l'article
  • Quel est de nos jours le sens donné au mot « cours » ?

    le 18 mai 2017 à 10:56, par L’équipe Actualités

    « quel intérêt à « recopier et compléter un tableau » à ce niveau d’études ? » :

    il semble y avoir une intention initiale assez claire à cette évolution très « applicative » des sujets proposés : apprendre aux élèves à modéliser une situation de la vie courante à l’aide de mathématiques. Ça, c’est la théorie.

    En pratique et en grossissant le trait, cet exercice, clairement orienté pour la préparation de l’épreuve de math du BAC ES, peut se résumer ainsi. Un prof (formé comme toi et moi aux maths et non à la modélisation) conçoit un exercice de maths, le plus souvent ultra-standardisé (c’est ce qu’on attend de lui). Il se creuse ensuite la tête pour trouver un habillage : une situation réelle (et donc fictive en fait) que le problème de math décrirait.
    Quant aux élèves, je pense qu’on leur apprend 1. à savoir résoudre des exercices ultra-standardisés 2. à savoir lire des sujets habillés pour y reconnaître ces exercices-type.
    Où sont les maths, où est la modélisation dans ce travail ? Précisément là où l’enseignant aura su, malgré l’imposture des sujets du BAC, confronter ses étudiants à la difficulté à modéliser un problème réel et à trouver les outils mathématiques pour le résoudre.

    Quant à la question « qu’est-ce qu’un cours », on peut aussi se demander en particulier « où » doit avoir lieu le cours. Car (l’illusion de) l’accès immédiat au savoir sur internet bouleverse effectivement le rapport entre le maître et l’élève.

    C’est là tout le sens de nombreuses expérimentations à l’œuvre, comme la classe inversée, cf. par exemple http://lebrunremy.be/WordPress/

    Il reste à savoir, au delà de leur efficacité, si ces « nouvelles » façons d’apprendre sont un effet de mode où si elles vont s’imposer...

    Répondre à ce message
  • Quel est de nos jours le sens donné au mot « cours » ?

    le 18 mai 2017 à 10:57, par FDesnoyer

    Bonjour,

    puisque vous demandez l’avis de professeur en lycée, je le donne (je sais c’est un gros défaut). J’ai débuté en 2004, mes « cours » ont à la fois peu et beaucoup évolué depuis.
    En effet, je donne toujours le même sens au terme de cours : « contenu que l’on peut en essence trouver dans des supports écrits », même la construction de mon cours est basé surtout sur les choix des exemples (je remercie Didier Bresch qui m’a appris que « les exemples sont mûris par un type qui passe 30h/semaine sur un sujet, écoutez-les »)

    Après, il me semble que ce contenu peut être diffusé par divers supports. On pense aujourd’hui aux formes de « pédagogie inversée » où le cours n’est plus la seule repsonsabilité du prof mais peut-être une capsule vidéo, une conférence etc.

    Quant aux exemples proposés, je pense qu’ils mériteraient débat non sur le cours et sa frome pédagogique mais bien sur la conception des programmes... (quand un expert vous dit « si j’ai mis ça au programme, c’est clairement pour caser mes thésards », on peut douter de la pertinence des contenus)

    Bien cordialement,

    François Desnoyer

    Répondre à ce message
  • Quel est de nos jours le sens donné au mot « cours » ?

    le 18 mai 2017 à 21:05, par Alix

    Bonsoir,
    je suis étudiant en maths sup (MPSI) et j’ai pu voir le changement radical entre les « cours » de maths au lycée et les cours donnés en prépa. En fait, l’ensemble des étudiants de ma classe - et je crois que c’est l’avis universel parmi les autres étudiants et les professeurs - s’accordent à dire qu’au lycée nous ne faisions pas des maths, mais une sorte d’initiation à la matière.
    En fait les maths enseignées au lycée manquent profondément de rigueur et de fondements (je n’ai jamais rencontré un seul quantificateur durant mes cours du secondaire). On ne montre pas assez les mécanismes logiques qui régissent la discipline : tout est présenté comme des formules magiques et les quelques démonstrations proposées ne sont pas satisfaisantes. De plus, la métamorphose du bac S en un bac général au sens large (la somme des coefficients des matières non scientifiques vaut près de la moitié de la somme de tous les coefficients - ce bac n’est prisé que pour son image et les débouchées qu’il propose, pas pour lui-même) pousse l’enseignement vers moins d’abstraction et plus d’exemples concrets. On fait des maths appliquées avant de faire des maths pures.
    Il découle de tout cela que le lycéen ne peut jamais être vraiment à l’aise car il n’a pas le savoir pour développer ses facultés. La tendance actuelle qui concerne l’enseignement des mathématiques dans le secondaire s’inscrit dans un plus vaste mouvement « d’horizontalisation ». On veut de plus en plus que l’élève trouve par lui-même : c’est une bonne chose mais cela ne doit pas se faire au détriment d’une transmission de culture, pas d’une culture bêtement apprise par cœur (car en effet le par cœur c’est pour moi de la bêtise), mais d’une culture réfléchie, raisonnée, que l’on nommera plutôt savoir.
    Ainsi tout l’enjeu des nouveaux types de cours est de transmettre à l’élève un savoir qu’il fera sien - ce qui est particulièrement facile en mathématiques puisque chacun peut retrouver, avec certes beaucoup de courage, tous les résultats fondamentaux, chose qui est impossible à faire en science expérimentale. Cela demande de la rigueur et de la cohérence dans des programmes qui sont beaucoup trop ambitieux *. Je dirais que le sens du mot « cours » est dans le transitoire et que j’espère qu’il trouvera un état stationnaire dans le domaine que j’ai décris.

    Une bonne soirée,
    Alix Plamont

    * Faire bien des probas continues dépasse largement les compétences d’un lycéen, et les outils requis (comme l’intégration par parties qui permettrait de trouver une primitive de la densité de proba pour la loi exponentielle) ont été supprimés du programme. Logique et cohérent...

    Répondre à ce message
    • Quel est de nos jours le sens donné au mot « cours » ?

      le 21 mai 2017 à 18:48, par FDesnoyer

      Bonsoir,

      la loi exponentielle a une primitive SANS IPP à ma connaissance, quant aux quantificateurs et à la logique, chacun place la barre de ses cours de Ts là où il le souhaite ;-)

      Cordialement,

      F.D.

      Répondre à ce message
      • Quel est de nos jours le sens donné au mot « cours » ?

        le 21 mai 2017 à 19:17, par Alix

        Je me suis trompé, vous avez raison, c’est pour démontrer que l’espérance de la loi vaut l’inverse du paramètre qu’on a besoin d’une IPP ^^.

        Répondre à ce message
Pour participer à la discussion merci de vous identifier : Si vous n'avez pas d'identifiant, vous pouvez vous inscrire.