18 septembre 2017

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  • « La langue française nuit-elle aux maths ? »

    le 18 septembre 2017 à 11:29, par Aboubakar Maitournam

    Toutes les langues humaines présentent une certaine ambiguïté, des synonymes, des homonymes, des mots qui dépendent du contexte, de la syntaxe,..etc. Le principe (il me semble) de la démarche scientifique (de l’esprit scientifique) est justement de « normer », codifier, harmoniser, contextualiser les termes, de les restreindre par souci de précision. Bref la langue courante écrite ou parlée est comme de la matière vile au sens alchimique du terme. Le langage mathématique en particulier ou scientifique en général est l’épuration, la purification de cette dernière qui donne parfois de l’or.
    Par exemple la notion de groupe dans le langage courant est l^ache, trop générale (un groupe de reflexion, un groupe de badauds regardant un fakir indien accompagné d’un « chat télépathe à rayures »..etc) alors que la notion de groupe en algèbre est très précise.

    Il me semble que malgré les difficultés de la langue française, la France (était) et reste une superpuissance des mathématiques pures (obsession excessive de la pureté à cause de la puissance bourbakiste). Donc ce que dit cet article ne tient pas trop la route, un petit ’alcootest ne serait pas de trop.

    Amicalement et sans rancune.

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  • « La langue française nuit-elle aux maths ? »

    le 18 septembre 2017 à 23:01, par Pierre Colmez

    Il est clair que se débarrasser de soixante-dix-sept et quatre-vingt-treize au profit de septante-sept et nonante-trois rendrait un grand service à tout le monde. J’ai un peu de mal à comprendre comment des absurdités aussi nocives ont réussi à survivre...

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    • « La langue française nuit-elle aux maths ? »

      le 24 septembre 2017 à 21:56, par Jérôme Buzzi

      Réglons leur compte aux six vieilleries : onze, douze, treize, quatorze, quinze et seize !

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  • « La langue française nuit-elle aux maths ? »

    le 21 septembre 2017 à 12:03, par Frédéric Millet

    Bonjour,

    Je n’ai pas lu ce dossier, donc difficile de se faire un avis tranché sur ce qui est écrit. Cependant, je pense que l’exposé, dont j’ai mis le lien plus bas, de Stanislas Dehaene, professeur au collège de France en neuroscience apporte la contradiction avec ce que vous nous rapportez ici : l’activité mathématique et l’activité de langage ne se situent pas dans les même zones du cerveau.

    https://www.youtube.com/watch?v=UhzGqC75tjQ

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    • « La langue française nuit-elle aux maths ? »

      le 3 octobre 2017 à 12:16, par Pierre-Emmanuel Caprace

      Merci pour cet éclairage intéressant. On trouve également les propos de Stanislas Dehaene sur les mathématiques et le langage exposés très clairement dans son cours au Collège de France disponible ici :

      https://www.college-de-france.fr/si...

      Toutefois, je n’y vois aucune contradiction avec l’opinion exprimée dans mon billet. Le fait que la pensée mathématique active des réseaux neuronaux spécifiques et disjoints des aires associées au langage usuel est certes très frappant. Stanislas Dehaene explique qu’il s’agit de régions impliquées dans le calcul et la représentation des nombres, présentes chez tous les êtres humains. A mon sens, cette dissociation indiscutable au niveau de la psychologie cognitive ne signifie en rien que la pratique des mathématiques soit dissociable de celle du langage. Comment un enseignant des mathématiques pourrait-il s’adresser à ses étudiants sans faire appel au langage ? Comment un mathématicien pourrait-il formuler ses arguments, rédiger ses démonstrations, sans langage ? Les nombres, concepts abstraits qui relèvent effectivement des mathématiques, font intégralement partie du langage courant, indépendamment du fait que le cerveau humain active des régions spécifiques pour les traiter et qui leur soient exclusivement réservées.

      Une étude complémentaire de science cognitive m’a été signalée, en rapport avec ce débat. On peut en lire un bref compte-rendu ici :

      http://www.innovation.public.lu/fr/...
      (voir https://doi.org/10.1016/j.neuropsyc... pour l’article original).

      D’après cette étude, réalisée auprès de sujets bilingues, les processus cérébraux activés pour réaliser des opérations d’arithmétique élémentaire sont différents selon la langue dans laquelle le problème est formulé.

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      • « La langue française nuit-elle aux maths ? »

        le 5 octobre 2017 à 11:42, par Frédéric Millet

        Je ne cherchais pas à opposer une contradiction avec votre billet, bien au contraire je voulais mettre en lumière que si la langue est un obstacle, il s’agit avant tout d’un obstacle temporaire. Car à partir du moment où on pratique les mathématiques, celles-ci prennent leur place dans notre cerveau, loin des difficultés langagières. C’est aussi certainement une des raisons qui font dire aux enseignants que faire par soi-même (en cherchant des exercices, en refaisant des démonstrations, en reproduisant des calculs) est efficace pour l’apprentissage.

        Maintenant, il est clair pour moi que je ne suis pas d’accord avec le fait que pour transmettre les mathématiques, il faut chercher à transmettre leur beauté ou un prétendu « esprit ». Pour moi le beau est le résultat d’une histoire personnelle et donc très difficile à transmettre d’un individu à un autre. D’autre part faire appel à un « esprit » des mathématiques ne fait que mettre une distance supplémentaire avec ceux qui ont du mal à les comprendre. Mais il s’agit d’un autre débat dont il n’est pas sujet ici.

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