5 février 2019

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  • Métamorphoses

    le 5 février à 15:56, par Alice Ernoult

    Cher Valerio, je fais partie de ces lecteurs et lectrices qui lisent le débat du 18 mais qui ne commentent pas ou très peu.
    Un grand merci pour ce billet, lucide mais aussi plein de la passion que nous sommes nombreux je crois à partager pour les mathématiques et leur enseignement. Il me permet de retrouver un brin d’optimisme dans une situation pour le moins tendue en ce qui concerne les mathématiques au lycée.

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  • Whitehead aussi.

    le 6 février à 07:54, par Carlo

    Cher Prof. Vassallo,

    merci pour cet émouvant article.
    Je l’ai lu avec le goût et la voracité que j’avais quand, enfant, je lisait le dernier numéro des bandes dessinées que maman m’avait à peine acheté. Avec grand chagrin quand j’ai lu que vous considérez de laisser vôtre place sur IdM.
    Vous avez des dons rares : un grand coeur et une charmante capacité de raconter et d’entraîner vos interlocuteurs.
    Ici je voudrais ajouter un nom à vôtre liste de mathématiciens soigneux de l’enseignement : Alfred Whitehead. S’il vous plaît, lisez son écrit en anglais intitulé Les buts de l’instruction.
    Encore, il y a un malaise dans l’enseignement des sciences depuis plus que quatre ou cinq décennies. L’ingénieur Italien Gustavo Colonnetti le dénonçait déjà en 1927.

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  • Métamorphoses

    le 7 février à 08:03, par Karen Brandin

    Merci Valerio pour ce long texte qui te ressemble. Je suis heureuse d’avoir été avec Anne Siety un petit peu comme un catalyseur d’émotions, un accélérateur même fugace du feu sacré de l’enseignement. Des soins palliatifs qui donnent la vie ou du moins la stimule, l’agite, je n’en espérais pas tant à vrai dire.

    Rien a changé depuis le 18 Novembre. J’assiste impuissante (pourtant j’ai des élèves à mes côtés 7 jours sur 7) à l’agonie de cette matière qui m’a tant apportée, tant rassurée, tant appris. J’étais hier encore le témoin des rires un peu moqueurs d’élèves de terminales S qui me disaient : « tu vois, les maths c’est fini. » Une méchanceté ordinaire dont ils n’ont pas conscience bien sûr, qui se finit dans un éclat de rire. Ils sont tellement jeunes, rien ne leur résiste !

    Je comprends leur désintérêt car lorsque je parcours les cahiers, je reste sans voix et lorsqu’ils finissent par me dire en voyant ma mine sombre : « heureusement qu’il y a les vidéos des bons profs sur youtube sinon je ne comprendrais rien », je prends conscience que tout nous échappe.

    Comme toi je regrette que les interventions suite « au débat du 18 » aient été si rares ; les enseignants en maths toutes structures confondues, il y en a pourtant beaucoup. Il y en a forcément qui ont quelque chose à dire, à partager, à suggérer. Ce noyau dur et en un sens réconfortant menaçait de devenir stérile, anxiogène donc cette fin n’est pas triste, elle était programmée.

    Prendre le temps d’écrire, de se livrer un peu, d’échanger même quand on est épuisé, pudique ou les deux, c’est pourtant nécessaire. C’est presque un devoir.

    Une page se tourne donc vers une rubrique qui je crois sera plus conventionnelle, une rubrique « de curiosités mathématiques » comme on en trouve en général c’est vrai dans tous les magazines papier de vulgarisation scientifique comme on dit. Le mot incontournable qu’il faudra garder en tête, c’est « ludique » ...
    Non je ne suis pas amère. Pour quoi faire ?

    J’ai été interpellée par ce titre : « Métamorphoses ». J’ai tout de suite pensé à une série de tableaux de MC Escher où l’idée générale est de partir d’un magma foisonnant mais souvent informe (je pense à « Libération ») pour évoluer doucement vers des structures très harmonieuses, rassurantes parce que parfaitement identifiables. Spontanément en tous cas, c’est du bas vers le haut (ou de la gauche vers la droite) que l’on penserait ces productions comme si on imaginait une métamorphose comme un « gain », un mieux (chenille vers papillon) mais avec le recul je me rends compte qu’il y a un intérêt plus grand peut-être à regarder ces oeuvres du haut vers le bas comme une régression. Partir de quelque chose qui a du sens pour nous vers quelque chose qui nous inquiète, qui ne ressemble plus à rien, un amas de n’importe quoi : chair, idées, symboles.

    Espérons qu’on n’aura pas d’ici quelques années à reformuler une phrase célèbre de Victor Hugo ; espérons qu’on n’aura pas à dire : « Qui ferme une école, ouvre une prison. »

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