28 de junio de 2010

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  • Mathématicienne et timide??

    le 17 de julio de 2010 à 17:59, par Pierre_B

    N’employez pas un ton aussi mordant envers moi, s’il vous plait, car j’en ai le coeur qui bat la chamade.
    Votre message me donne le sentiment que vous ne prenez pas au sérieux les problèmes des timides. Cela me peine, mais ne me surprend pas, car vous indiquiez dans l’article que vous ne l’êtes pas : vous ne pouvez pas savoir.
    Il est vrai qu’il y a des mathématiciens timides ; mais il y en a moins qu’il n’y en aurait si leur timidité ne les pénalisait pas.
    «Ne mélangeons pas tout. Il n’y a quasiment plus d’enseignants chercheurs issus des milieux populaires, très peu de mathématiciennes par rapport a leur place dans la population de bachelières scientifiques, et en revanche de nombreux collègues timides, réservés, introvertis, etc.»
    Il me semble que là, c’est vous qui mélangez plusieurs phénomènes différents.
    Il est vrai qu’il y a moins d’élèves des milieux populaires qu’auparavant dans les bonnes filières, et que c’est un problème ; mais je pense, ainsi d’ailleurs qu’une partie des enseignants du secondaire ou du supérieur, que cela est lié à une détérioration de l’enseignement secondaire à cause d’une mauvaise gestion de la massification : voir par exemple ici, ou certains points de vue parus dans le Monde au moment de la polémique sur les boursiers en GE ce début d’année (NB je suis Pierre B, et je ne connais Pierre R ni d’Eve, ni d’Adam).
    Ensuite, il y a la question de l’orientation scolaire des femmes. Elles sont majoritaires en 2eme année de médecine, en école de commerce, à l’école nationale de la magistrature (bac+5 droit + concours) ; elles sont minoritaires à l’école des commissaires de police (bac+5 droit + concours), en école d’ingénieur, en maths et info.
    De ce point de vue, je pense qu’il n’est pas choquant qu’hommes et femmes aient, en moyenne, des aspirations et des goûts qui ne se recoupent pas entièrement, et ces différences d’orientation ne me semblent pas par elles-mêmes poser ou révéler un problème.
    Enfin, il y a la question des inégalités entre personnes voulant la même chose. Je ne vois pas pourquoi, de ce point de vue, on mettrait sur un plan différent ce qui relève du genre ou ce qui relève du caractère, du point de vue de l’égalité. En effet, un combat pour l’égalité doit à mon avis reposer sur un principe valable pour tous : là aussi, cela semble tautologique. Sinon, ce n’est plus un combat pour l’égalité, mais une activité de lobbying, et les raisons invoquées ne peuvent plus être les mêmes.
    Je préférerais que l’on s’en tienne, sur le principe, à une égalité de droit, et à une égalité de moyen (complétée par une forme de sélection, par nécessité matérielle).
    Si cela tournait plutôt au lobbying, je le déplorerais, car le principe me chiffonne ; en mettant les choses au pire, on pourrait de plus imaginer que cela tende plutôt vers la foire d’empoigne. Je me joindrais alors aux organisateurs de la Shy Pride, si du moins leur initiative aboutit (il n’y a pas d’équivoque dans le dessin «s’abonner» du haut de page, comme vous le verrez si vous cliquez dessus pour le déplier ; le personnage me ressemble un peu, du moins les jours où je ne me rase pas).

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