8 décembre 2010

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  • Nous

    le 15 décembre 2010 à 18:58, par François Sauvageot

    Bonjour.

    Je me pose la question de savoir qui est le « nous » dans la phrase que tu cites et comment tu l’interprètes, toi.

    Si tu pouvais prétendre faire des maths seul, indépendamment du passé et garantir que le fruit de tes recherches ne sorte jamais de ton esprit alors peut-être pourrais-tu affirmer que tu fais des maths sans lien avec le reste et pourrais-tu affirmer qu’elles sont inutiles. Gratuites, je ne sais pas. Tu es payé, non ? Rien que ton recrutement à l’ENS a coûté un prix astronomique. Et ta formation ?

    Pour tout te dire, c’est ton message que je trouve insultant. On peut ne pas être d’accord sans accuser l’autre de mentir. Mais, qu’importe, je crois tout simplement que tu as compris de travers ce qu’a écrit Michelle et que tu fais fi de ce qu’est la recherche mathématique d’une façon globale, d’un point de vue plus large que le strict point de vue de l’individu.

    Et puisque tu parles du lemme fondamental et que c’est ma spécialité, je te réponds : oui, il a des applications. Elles pourraient venir même assez vite dans la vite courante en ce qui concerne les applications aux courbes elliptiques sur les corps de caractéristique non nulle. De facto il y a déjà des essais d’applications en cryptographie militaire. Les banques et internet ne sont pas loin non plus.

    Il y aura aussi des applications en physique théorique, évidemment, mais là on peut douter de l’application immédiate dans la vie courante.

    Enfin, si on arrive à comprendre la conjecture de fonctorialité dans son cas le plus abstrait, les applications seront très nombreuses. Et au moins par ricochet, il serait très prétentieux de dire que ça ne servira à personne.

    Malgré toute l’affection que j’ai pour Godfrey Hardy, je crois que son assertion la plus fausse est justement dans ce registre : l’inutilité des maths pures et de la théorie des nombres en particulier.

    Un autre spécialiste du programme de Langlands, Edward Frenkel, en a parlé. Il compare le refus des applications à un suicide, et en a fait un film : http://ritesofloveandmath.com/

    Bien à toi,

    François Sauvageot.

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