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L’égalité Filles-Garçons dans l’enseignement des maths au lycée s’invite dans le débat politique

Le 4 février 2022

Voilà plus de deux mois que les conséquences négatives de la réforme du lycée sur l’enseignement des mathématiques sont mises en lumière. Et depuis la semaine dernière, le focus est mis sur la question de l’inégalité filles-garçons.

Le 25 janvier, les associations et sociétés savantes mathématiques en France ont publié un communiqué commun édifiant, intitulé Réforme du lycée : 25 ans de recul sur les inégalités filles-garçons en maths. Les statistiques, alarmantes, indiquent que la réforme a eu des effets néfastes sur le choix des options comportant des mathématiques par les filles.

Ce communiqué a eu un écho considérable dans la communauté mathématique, et il a aussi été repris avec une ampleur inhabituelle par les médias au cours de la semaine écoulée. Il est heureux que ce véritable sujet de fond soit enfin traité, même s’il encore loin de recevoir toute l’attention qu’il mériterait.

Signe que les choses commencent à changer : dans un entretien paru aujourd’hui au journal Le Monde, Cédric Villani, interrogé à ce sujet, a reconnu que la réforme avait mené à « un décrochage des mathématiques, en particulier pour les jeunes filles ». Le député, initialement plutôt favorable à la réforme, avait déjà admis à l’antenne de France Inter quelques jours plus tôt que « la mise en oeuvre [de la réforme au lycée] a été ratée ».

Dans ce nouvel entretien, si Cédric Villani s’est principalement attaché, comme Jean-Michel Blanquer quelques jours plus tôt, à défendre les actions accomplies à l’école primaire, qu’il a lui-même impulsées par la remise d’un rapport très scruté en 2018, son infléchissement notable sur la question de la réforme du lycée laisse espérer que le débat soit enfin véritablement porté plus haut sur la scène nationale.

Comme indiqué par un article de fond paru aujourd’hui dans le journal Le Monde, les enjeux de l’enseignement des mathématiques à l’école primaire et de l’égalité filles-garçons au lycée sont par ailleurs très liés : la formation mathématique des professeur·e·s des écoles, métier très féminisé, est mise à mal dès que les lycéennes sont moins nombreuses à étudier les mathématiques. De plus, l’absence d’un enseignement rudimentaire de mathématiques pour tous les élèves en Première puis en Terminale ne contribuera pas à l’amélioration souhaitée de cette formation.

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