Arithmétique financière

Le 10 février 2013  - Ecrit par  Pierre Colmez Voir les commentaires (8)

J’ai été amené à regarder le contrat d’assurance obligatoire
contracté par des proches pour accompagner un prêt immobilier d’une
durée de 15 ans et
je dois dire que les libertés que les compagnies d’assurance prennent
avec l’arithmétique m’ont laissé perplexe.

Le taux annoncé est
de 1,92% par an, mais si on regarde de plus près on réalise
que le taux effectif est proche de 3,5% par an, en partant de 1,98% la
première année, 2,54% la 5-ième année, 4,44% la 10-ième année
et plus de 35% la dernière année...

Comment cela est-il possible ? Tout simplement parce que les
cotisations restent inchangées bien que la valeur de ce qui
est assuré diminue de mois en mois du fait des remboursements
(cerise sur le gâteau, il y a une clause concernant l’âge qui
fait que dans le cas présent, la garantie ne s’applique pas
les 4 dernières années).

C’est clairement malhonnête, mais est-ce légal ?

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Pour citer cet article :

Pierre Colmez — «Arithmétique financière» — Images des Mathématiques, CNRS, 2013

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  • Arithmétique financière

    le 17 février 2013 à 13:08, par Claude Danthony

    Une précision supplémentaire.

    Vu le fonctionnement même de ces prêts, il n’est pas possible que les intérêts versés à une période (même la dernière) soient exactement nuls, puisque le principe est que l’on commence par payer les intérêts sur la somme restant due le mois dernier (voir mon article sur les emprunts). La dernière mensualité doit donc comprendre 0,51 euros d’intérêts.

    En revanche, ce qui est, par définition même, strictement nul à la dernière échéance, c’est le capital restant dû. De sorte que si « vous vous amusez » à calculer le taux obtenu
    en faisant le rapport de la dernière cotisation d’assurance versée (numérateur) et la somme restant due sur le prêt à la même date (dénominateur qui vaut 0), vous trouverez exactement l’infini !

    À ma connaissance, il en est de même pour absolument tous les prêts souscrits en France : au moment où l’on paye la dernière prime d’assurance, le risque couvert n’existe plus.

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