Arts et mathématiques

Le 18 avril 2014  - Ecrit par  Aziz El Kacimi, François Recher, Valerio Vassallo Voir les commentaires (11)

Les nombreux problèmes qui se posent dans l’enseignement des mathématiques ne laissent personne indifférent. Beaucoup de gens en parlent, mais peu les posent de façon concrète. C’est que le débat est déjà difficile à porter auprès de la communauté mathématique, et il l’est encore plus au niveau du public. C’est à cet effet que le site Images des Mathématiques souhaite offrir un espace de discussions ouvert à tous ceux qui se sentent touchés par ces questions. Ils pourront y échanger leurs idées, leurs points de vue et éventuellement apporter des éléments de réponse. Le débat sera « provoqué » chaque mois par la publication d’un billet portant sur un point précis, écrit par l’un des responsables de la rubrique ou par toute autre personne qui le souhaiterait.

A. El Kacimi, F. Recher, V. Vassallo

Ce mois-ci nous souhaitons aborder un thème plus léger mais qui devrait néanmoins susciter beaucoup de questions.

Cette semaine, l’Institut de Recherche sur l’Enseignement des Mathématiques de Lille organise, avec le soutien du Rectorat de l’Académie de Lille et dans le cadre du PAF (Plan Académique de Formation), des Journées Académiques. Le public visé est essentiellement constitué des enseignants du primaire, du secondaire et du supérieur ayant à cœur de promouvoir les mathématiques, d’enrichir leur enseignement et l’ouvrir à d’autres horizons. Les thématiques abordées pourraient également toucher la sensibilité des lecteurs d’Images des Mathématiques.

Les textes officiels invitent à construire des liens entre les disciplines et en particulier, ces dernières années, entre les arts et les mathématiques. Pour toutes ces raisons, l’IREM a choisi d’organiser ces Journées sur le thème « Arts et Mathématiques ». Elles se tiennent le jeudi 17 et le vendredi 18 avril 2014 sur le campus de l’Université Lille 1. Vous trouverez plus de détails en visitant le site consacré à cet effet.

Nous souhaitons donc diriger le débat vers une thématique différente des précédentes – thématiques qui n’ont pas vraiment suscité beaucoup d’échanges – dans l’espoir de creuser quelques questions qui pourraient toucher cette fois-ci, et de plus près, un des aspects maintes fois développé dans notre site.

Qu’en est-il de nos relations avec l’Art ? Qu’en est-il de nos relations avec les Mathématiques ? La non-séparation ou la séparation nous semble-t-elle si évidente ? Rapprocher ces deux domaines est-il inconcevable ? Faire en sorte que les acteurs de ces deux domaines se rencontrent est-il souhaitable ? Et pourquoi ?

Il est vrai que chacun, mathématicien ou artiste, cherche, traduit, expose, présente, parle de beauté... Alors, n’y aurait-il pas quelques pistes pour un dialogue ? Pourquoi ne pas imaginer que les uns utilisent les sensibilités des autres pour entrer en conversation ? En somme, pourquoi ne pas échafauder un nouveau statut, celui de mathémartiste  ?

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Pour citer cet article :

Aziz El Kacimi, François Recher, Valerio Vassallo — « Arts et mathématiques» — Images des Mathématiques, CNRS, 2014

Crédits image :

Image à la une - Dessin du logo : Pascale Leroy, sur une idée de V. Vassallo. Avec leur aimable autorisation.

Commentaire sur l'article

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  • Le débat du 18 : Arts et mathématiques

    le 18 juillet 2014 à 23:39, par bayéma

    des poncifs et des caresses dans le sens du poil il y en a beaucoup. non, les mathématiques ne sont pas un art si l’on considère la pratique réelle des scientifiques et des artistes, à moins de tout mélanger et de jouer sur les mots : une différence fondamentale, de ce point de vue, c’est que la pratique {{}}réelle des scientifiques consiste à {}démontrer leurs assertions à leurs communautés respectives. pas les artistes. les scientifiques dé-montrent et les artistes montrent ! c’est toute la différence mais elle est infranchissable ! l’art s’adresse à la capacité émotionnelle d’identification pulsionnelle pas la science !
    qu’il y ait des proximités, des rencontres, est-ce aberrant ? bien sûr que non ! les humain.e.s que nous sommes ne sont pas à ce point segmenté.e.s qu’une partie de notre psychisme ignorerait ce que ferait une autre partie. que des artistes engagent leurs œuvres dans la voie d’une structuration discursive n’en fait pas des mathématicien.ne.s pas plus que des scientifiques ému.e.s par la beauté de formules ou de conduites de travaux ne sont des artistes ou des artisans. l’œuvre humaine, justement parce que humaine et œuvre, est belle. ce qui peut ne pas être beau c’est l’usage qu’on fait des choses. par exemple beaucoup de mathématique, de physique, de chimie et de biologie entrent dans des œuvres de mort. pas l’art. mais ne soyons pas si ouvertement morbides au risque d’irriter les sensibilités raffinées !
    les mathématiques sont entrées dans une ère fortement contraignante qui frôle l’hyper rationalisation névrotique, j’ai dit qui frôle ! l’observation psychosociologique montre que la créativité y est soumise à une telle chape de plomb du contrôle (bien caractéristique de notre époque de défiance absolue, de surveillance et de recherche de sécurité totales) que seuls les grands, les talentueux, les doués y ont droit, ce que montre la création de prix et de prix extravagants, les honneurs et autres récompenses. pourquoi ? parce que la science est totalement une activité collective, avec des individualités qui sortent du lot, des pros qui sont massivement des salarié.e.s. pas les artistes. les artistes, qui ont un narcissisme assez bien développé ont, eux-aussi, besoin d’honneurs, de reconnaissance, de récompense, etc. mais ils ne travaillent pas collectivement. toutes leurs tentatives pour cela avortent ou ont avorté : les « écoles », les « groupes », etc. c’est que l’art et la science n’entretiennent pas les mêmes relations sociales, quels que soient les ressentis ou les rencontres. les chemins se croisent, les artistes piochent dans la science mais pas plus que dans les possibilités spatiales, temporelles ou matérielles que leur offre ce monde. les scientifiques ont une libido, comme tout le monde et, j’oserais dire, c’est ce qui rend leurs travaux si remarquables : les artistes n’ont pas beaucoup d’efforts pour faire paraître leur libido, mais on peut découvrir du style chez les scientifiques, que l’on songe à gauss, riemann, galois, einstein, dirac et tous les autres.
    j’abrège. arts et mathématiques, les « humanités » d’hier (je ne joue pas du tout la nostalgie, ce qui est passé est passé) ne serait-ce pas encore à réinventer la femme et l’homme honnêtes de notre époque ?

    josef bayéma, plasticien, guadeloupe.

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