La Mathématique n’est pas une Science

Le 2 mars 2010  - Ecrit par  Gérard Besson Voir les commentaires (27)
Lire l'article en  

Dans un article paru dans Le Monde daté du 20 décembre 2009, Pascal Picq, paléoanthropologue au Collège de France, dénonce le sort fait aux Sciences de la Vie et de la Terre dans le projet qui se dessine pour l’enseignement en classe de 2nde.

Dans un paragraphe on trouve

« ... tandis que le projet qui se dessine se concentre sur les mathématiques qui ne sont pas des sciences. L’avenir de nos sociétés serait-il du côté des sciences expérimentales et de leurs potentiels d’innovation (démarche inductive et systémique) ou du côté des mathématiques financières (déduction et déterminisme linéaire) et élitistes qui, justement, ont participé à la crise que nous connaissons ? »

Et, plus loin,

« Le monde des idées est très bien pour la reproduction sociale, mais pas pour “notre avenir à tous”. »
Passons sur l’inélégance qui consiste à attaquer une discipline pour en défendre une autre et sur les allusions aux mathématiques financières. À ce propos on pourra consulter le dossier consacré à ce thème.

Cet article, qu’il faut lire en entier, pose au moins deux bonnes questions. La première : les mathématiques ne sont pas des sciences. Il y a longtemps déjà Richard Feynman avait affirmé que la mathématique n’est pas un science (je ne retrouve plus la référence). J’avoue que cette question ne m’intéresse pas trop mais je vous la livre.

La seconde m’est apparue brutalement à la lecture de la contribution de Pascal Picq. Qu’est-ce qui justifie que les mathématiques aient un tel poids dans l’enseignement secondaire, au lycée par exemple ? Y-a-t-il réellement une justification en terme de formation intellectuelle et, dans ce domaine, en quoi sont-elles supérieures aux sciences expérimentales ?

Après tant d’années passées à faire des mathématiques je n’ai aucune réponse satisfaisante.

Partager cet article

Pour citer cet article :

Gérard Besson — «La Mathématique n’est pas une Science» — Images des Mathématiques, CNRS, 2010

Commentaire sur l'article

Voir tous les messages - Retourner à l'article

  • La Mathématique n’est pas une Science

    le 2 mars 2010 à 22:41, par mikl

    J’ai un jour été à un atelier sur la vulgarisation scientifique. On s’y demandait d’abord ce qu’était la science. C’était compliqué. On s’accordait à peu près sur un fond commun qui reposait sur la démarche, la célèbre démarche scientifique, dans laquelle le raisonnement logique occupe une place primordiale.
    Je crois personnellement que c’est la mise en place d’arguments successifs « imparables », ou considérés comme tels, qui caractérise la démarche scientifique. Remarquez qu’elle n’est pas utilisée seulement pour la recherche dite scientifique (maths, physique, chimie...) ; on peut la trouver en sociologie, en économie ; en fait, on peut la trouver partout.

    J’ai l’impression que ce fonctionnement de la pensée est assez caractéristique de la société actuelle. Il s’agit du mode de pensée dominant et un esprit ainsi habitué à penser est plus apte à vivre (dans) la société. Cela pourrait expliquer l’importance qu’ont prise les maths dans l’enseignement, mais sans doute inconsciemment. Au final, ce serait un peu ce qui ressort du commentaire de Jérôme Buzzi.

    Il y a toutefois d’autres façons de penser et de raisonner. Certains de mes amis « littéraires » aiment à le rappeler. (Où est passée la poésie ?) Et ils aiment aussi à dire que le raisonnement scientifique ne crée pas, n’invente pas de vie, qu’il est aride et sans saveur. Je crois que c’est la conclusion à laquelle arrivent bon nombre d’élèves à la sortie du lycée en ce qui concerne les maths, et c’est somme toute plutôt justifié.

    Dans ce même atelier sur la vulgarisation scientifique, on se demandait ensuite ce qu’il fallait vulgariser de la science, et auprès de qui. A partir de là, on n’était plus du tout d’accord. D’une part, il fallait informer, de façon à ce que les gens puissent s’approprier et comprendre, dans la limite du possible, les avancées scientifiques et leurs corollaires technologiques. D’autre part, il y avait l’aventure de la connaissance pure, et le jeu. Enfin, et j’étais de ceux-là, il fallait insister sur les possibilités de raisonnement et de création de la science, qui participent à la formation et à l’émancipation de l’individu.

    De la même façon, on peut se demander à quoi est voué l’enseignement scientifique au collège et au lycée. On parle de bases nécessaires. Mais jusqu’où vont-elles ? Lesquelles privilégier ? Est-ce plus important d’être éduqué à internet ou aux valeurs humanistes ?

    Je laisse ça en l’air mais remarquez qu’il y a bien un temps où les lettres étaient préférées aux sciences. Et si je ne me trompe, aujourd’hui en Italie, les lycées littéraires ont plus la côte que les lycées scientifiques, soit tout le contraire de la France.

    J’ai été un peu long.

    Répondre à ce message

Laisser un commentaire

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?