Revue de presse janvier 2019

El 1ro febrero 2019  - Escrito por  L’équipe Actualités Ver los comentarios

«Lorsqu’on manque [de mathématiques], on étouffe!» Malgré ce cri du cœur d’Emmanuel Trélat, les mathématiques semblent vouées à disparaître du tronc commun du lycée dès la classe de première.

Y a-t-il d’autres sujets dans cette revue de presse? Sans doute, mais pas de sommaire à rallonge, pas de liste de thèmes apparemment décousue, pas de répertoire d’événements mathématiques, pas d’énumération sans queue ni tête, pas de nomenclature hétéroclite, pas d’index, de listing ni de listage, pas d’inventaire à la Prévert, et donc pas de raton-laveur non plus. Un seul sujet au fond: plus de mathématiques. Oui: nous voulons plus de mathématiques!

Applications

«Lorsqu’on manque [de mathématiques], on étouffe!» «Elles sont à la base de toutes les sciences, on les retrouve absolument partout en science, dans toutes les disciplines.» C’est ce qu’explique Emmanuel Trélat, directeur de la Fondation sciences mathématiques de Paris, aux abonnés du Figaro qui pourront lire l’intégralité de l’entretien. On y trouvera également une mise en garde contre l’usage inapproprié de techniques mathématiques, notamment en finance. Cela nous renvoie à L’Écho, où le «mathématicien Paul Embrechts [qui] a fait de la “gestion quantitative du risque”, le travail d’une vie», met en garde que «le trading automatisé crée des risques que nous ne comprenons pas assez» – il est déjà «à l’origine des récentes turbulences qui ont touché les marchés».

Les mathématiques de la pizza

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Qu’est-ce qui échappe aux mathématiques ?

Dans un registre plus léger – quoique... – voici le problème du mois. Qu’est-ce qui vous fournira le plus à manger: deux pizzas de 30 centimètres de diamètre ou une pizza de 45 centimètres de diamètre? La question a enflammé Twitter ce mois-ci, jusqu’à être relayée par RTL, BX1 et Fredzone, qui s’émerveillent, en chœur avec la twittosphère, de l’utilisation éblouissante de la formule de la surface d’un disque.

Des étudiant⋅e⋅s britanniques se sont occupé de résoudre un autre problème gastronomique: comment découper, en trois coups de couteau, une pomme de terre de telle sorte que la surface totale des morceaux obtenus soit la plus grande possible, afin d’obtenir un croustillant optimal après cuisson au four? Un schéma de la solution est présenté par VL media.

Des applications plus sérieuses?

Passons en revue les modèles mathématiques qui ont retenu l’attention de la presse ce mois-ci. Maxisciences annonce qu’un article publié dans le Journal of the Royal Society Interface est parvenu à expliquer, grâce à un modèle hydrodynamique, le mécanisme de défense employé par la myxine, sorte d’anguille des profondeurs océaniques. Une courte chronique sur France Inter décrit les travaux de deux physiciens ayant obtenu des résultats prometteurs sur les mouvements de foules, à l’aide d’un modèle issu de la mécanique des fluides. Up Magazine s’entretient avec Ariane Millot, doctorante en mathématiques appliquées, qui participe à concevoir et ajuster un modèle technique et économique du système énergétique français, pour mieux préparer la transition écologique. Pour finir, un article disponible sur arxiv décrit d’un point de vue statistique le déclenchement des guerres au cours des 600 dernières années, et fait l’objet d’une analyse — un peu hasardeuse — sur Siècle digital. En lien avec ces deux derniers modèles, l’émission «Du grain à moudre» sur France Culture parle prospective et modélisation de l’avenir.

Côté informatique, France 3 met un coup de projecteur sur le supercalculateur Olympe, d’une impressionnante capacité de calcul de 1,3 pétaflops (soit 1,3 million de milliards d’opérations par seconde, environ un million de fois plus qu’un ordinateur de bureau). Ce n’est peut-être rien à côté des performances qu’offriraient les très attendus ordinateurs quantiques, auxquels Trust my Science consacre un article. Une équipe de recherche a en effet mis au point une nouvelle architecture de «qubits», qui associe les avantages de deux structures déjà connues, faisant ainsi un pas de plus vers l’utilisation opérationnelle de ces calculateurs du futur.

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Neige à la porte Saint-Martin

Une jeune entreprise, présentée par Les Échos, conçoit des becs de saxophone sur mesure pour des musicien⋅ne⋅s, à partir de données collectées sur leurs préférences et leur style de jeu.

Finissons par un marronnier du mois de janvier, à savoir la neige, qui est tombée sur la capitale la semaine dernière! À cette occasion, Le Figaro donne des explications sur les phénomènes à l’origine des fascinantes formes prises par les flocons de neige, avec notamment des liens vers le superbe site de Kenneth Librecht, physicien spécialisé dans ce poétique sujet.

Histoire

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Lo compendion del abaco

La presse montre de façon saisissante que les mathématiques traversent toute l’histoire [1]. Science Post éclaire la tablette babylonienne Plimpton 322, dont une nouvelle interprétation comme table de trigonométrie a été proposée il y a un an et demi; d’après cette thèse, le célèbre théorème de Pythagore aurait été connu bien avant ce dernier. Dans le même ordre d’idée, Actualitté raconte la découverte «d’un manuscrit indien [qui] renvoie l’origine du chiffre “0” au IVe siècle», «soit 500 ans avant la date habituellement retenue par les historiens». Mauvaise datation toujours? Aurélie Jean, informaticienne de formation et chroniqueuse au Point, rappelle que la notion d’algorithme, nommée d’après le savant arabe du IXe siècle Al-Khwârizmî, était déjà présente chez Euclide, trois siècles avant notre ère – et en tout cas, bien, bien plus longtemps avant les ordinateurs. Poursuivons notre parcours chronologique jusqu’à la toute fin du Moyen Âge: Nice matin a retrouvé dans la bibliothèque Romain Gary «Lo Compendion del Abaco (1492), premier ouvrage de mathématiques appliquées rédigé dans un provençal médiéval soigné». C’est l’époque de Léonard de Vinci, dont Science Post brosse une biographie peu inspirée. Un peu plus tard encore, entrons dans la famille du mathématicien Camille Jordan: Le Progrès rapporte que le «cœur» de son grand-oncle éponyme – une urne funéraire – vient d’être retrouvé à Écully. Pour terminer, Atlantico offre les bonnes feuilles du livre de Sébastien Balibar Savant cherche refuge, qui raconte «comment les savants d’Europe de l’Est ont pu survivre à la Seconde Guerre mondiale».

Société

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Manifestation de gilets jaunes à Belfort

On le sait, les mathématiques des manifestations suivent des règles bien particulières: le cardinal de l’ensemble des manifestant⋅e⋅s est ainsi souvent égal à deux nombres non égaux, le chiffre fourni par la police, et celui fourni par les syndicats — l’un étant en général supérieur à l’autre... Dans le cas du mouvement des gilets jaunes, l’absence des syndicats avait fait disparaître l’existence du deuxième chiffre. La page Facebook du Nombre Jaune cherche à rétablir le deuxième comptage à partir des photos et vidéos fournies par les manifestant⋅e⋅s à travers toute la France. L’info est relayée par France-Soir, BFM TV et L’Express.

Sur son blog de Mediapart, Jean-François Marin critique l’interprétation des chiffres concernant les gilets jaunes par les médias, mais semble lui-même confus avec certaines notions de statistiques. Dans la même veine, Causeur signe un pamphlet contre l’utilisation du mot «delta» par certain⋅e⋅s journalistes, y voyant un symbole de la toute-puissance du monde de la finance, à grand renfort d’explications bancales sur la signification de ce «delta» dans ce contexte.

Si le dialogue ne s’établit que péniblement entre les gilets jaunes et le gouvernement, c’est à cause d’une mauvaise transmission des données, juge Gilles Dowek dans une chronique du Monde [2]: dans la démocratie traditionnelle, les syndicats et et les représentant⋅e⋅s élu⋅e⋅s joueraient le rôle d’algorithmes de compression de données (ces données étant les opinions et les idées de chacun⋅e). Par analogie avec la désuétude dans laquelle tombent les algorithmes de compression en informatique du fait de l’augmentation des capacités de stockage et de traitement de données des ordinateurs, l’article cherche à montrer la nécessité d’un mode de communication radicalement nouveau entre le peuple et son gouvernement.

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Laurent Lafforgue

Laurent Lafforgue, lauréat de la médaille Fields en 2002, accorde un grand entretien en cinq parties au magazine catholique en ligne Le Rouge et le Noir. Il y développe de nombreuses idées concernant notamment son rapport aux mathématiques et à la religion chrétienne, la notion de découverte en sciences et l’évolution de la recherche dans la société d’aujourd’hui.

Le lundi 21 janvier serait le jour le plus déprimant de l’année, selon une étude scientifique: vous l’avez déjà entendu? Il s’agit pourtant d’une légende urbaine, basée sur une formule farfelue et née d’une campagne de publicité datant de 2005, révèlent les Décodeurs du Monde: un bel exemple du triste succès de la «pseudo-science».

Slate raconte une autre légende dont la véracité reste floue: celle du mathématicien Carl Leffler qui aurait tâché de créer à la main 6000 grilles de «bingo» dans les années 1930, à l’époque où ce nouveau jeu connaissait une popularité croissante. La difficulté de concevoir des grilles qui évitent d’avoir trop de gagnant⋅e⋅s à la fois lors d’un jeu donné aurait fait sombrer dans la folie ce professeur à la retraite. L’auteur de l’article en profite pour développer une réflexion sur le lien entre génie mathématique et folie.

Pour conclure sur une question de société bien plus préoccupante, France Inter nous rappelle, chiffres à l’appui, que le sexisme est toujours bien présent dans les métiers du numérique, et que cette situation ne semble pas près de s’améliorer. C’est précisément pour lutter contre cet état de fait que sont organisées les journées «Filles et mathématiques» comme celle que relate Le Républicain lorrain.

Honneurs

Dans le même ordre d’idées, la place des femmes dans les sciences est parfois minorée. Quelques sites comblent ce manque ce mois-ci. JPEG Le site 100 pour 100 culture esquisse un portrait de Gladys West, mathématicienne et grande contributrice de l’invention du GPS. Son parcours rappelle celui de Katherine Johnson qui a été porté à l’écran dans le film Les Figures de l’ombre ([Hidden Figures]. Comme nous le disions le mois dernier, un timbre à l’effigie d’Émilie du Châtelet est paru ce mois-ci et le site Culture math détaille un peu la vie de cette mathématicienne.

Au cours de ce mois de janvier, plusieurs mathématiciens de renoms sont décédés. Le plus célèbre d’entre eux est sans doute Michael Atiyah, connu pour ses travaux en géométrie différentielle. Il avait obtenu la médaille Fields en 1966 et le prix Abel en 2004. Le Monde et le New York Times lui consacrent une notice. Il était aussi connu pour ses pensées mathématiques auxquelles Images des mathématiques consacrait un article en 2010.

Un autre lauréat de la médaille Fields, Jean Bourgain, est décédé à la fin du mois de décembre. Il avait été professeur à l’Institut des hautes études scientifiques (IHES) de 1985 à 1994. Ses travaux portaient sur un large éventail de sujets en analyse. Terence Tao lui consacre un article sur son blog.

Le géomètre Étienne Ghys a été élu secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences. Étienne Ghys revêt l'habit vert {JPEG} Il était l’invité de «La Tête au carré» sur France Inter pour parler de mathématiques et de son rôle de secrétaire perpétuel. Sa conférence grand public intitulée «Géométries en actions» aura lieu le 5 février prochain (cf. cette annonce). Toujours à la radio, France Culture consacrait un épisode de «La Méthode scientifique» à Nicolas Bourbaki, ce groupe de mathématiciens qui révolutionne le formalisme mathématique au tournant du vingtième siècle. Pierre Cartier et Michel Broué étaient les invités. Enfin, France Inter faisait un portrait de Cédric Villani dans «L’Heure bleue». L’émission s’intéressait au mathématicien et non à la personne politique.

Un peu plus loin des milieux académiques, vous pouvez découvrir Kit Armstrong, titulaire d’un master de mathématiques fondamentales et pianiste virtuose, dans un article de France Info, et Paul-Olivier Dehaye dans un grand portrait réalisé par Le Temps, qui retrace sa brillante carrière académique, puis son engagement pour la protection des données personnelles, qui le conduit à témoigner en 2018 dans la scandaleuse affaire Cambridge Analytica.

Enseignement

CAPES d’informatique

Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Éducation nationale, «invité des matins», a annoncé sur France Culture la création d’un CAPES d’informatique en 2020 et, plus tard, d’une agrégation. La nouvelle est largement reprise et commentée, par exemple par la Société informatique de France, qui «se réjouit», ou par Bruno Devauchelle dans le Café pédagogique, qui doute de l’utilité, mais c’est encore un peu flou: combien de postes? quel vivier de candidat⋅e⋅s? quelle préparation dans les universités? pour quels élèves? quelle place pour l’informatique dans quels parcours? etc.

Réforme du lycée et du baccalauréat

«Avec le nouveau bac, la place des maths est-elle menacée au lycée?» titre Europe 1. Pour Michel Imbert, du SGEN-CFDT, les élèves de 2de devront «choisir la spécialité mathématiques en sachant pertinemment qu’ils vont souffrir, soit ils abandonnent les math. à la fin de la 2de», alors qu’ils n’auront pas un niveau suffisant pour des études de professeur⋅e des écoles ou de commerce. La PEEP souhaite que les élèves aient au moins la possibilité de refaire des mathématiques en terminale, ce que confirme France Info. Pour Jean-Jacques Bourdin sur RMC, «ça fait débat» mais lui ne semble pas avoir trouvé de véritable opposant à cette idée. Faut-il voir un lien entre cette décision et la difficulté que les jurys successifs du CAPES ont pour trouver assez de candidats de niveau suffisant [3]? Les professeurs s’inquiètent, souligne Le Point. Cédric Villani, sur une vidéo du ministère, se veut rassurant mais son propos reste paradoxal: «il y aura[it] de la mathématique encore à travers l’enseignement scientifique»; «on va avoir besoin de davantage de professeurs de mathématiques» – mais c’est à cause des «nouveaux cours d’informatique». Pour Olivier Gebuhrer, dans L’Humanité, s’agissant d’une «discipline dont l’accès est par essence même démocratique, ne requérant aucun code socioculturel préalable, sa suppression du tronc commun accentuera les inégalités sociales, fragmentera davantage le tissu territorial, contribuera à la dislocation du service public d’éducation nationale.»

Ce n’est qu’un élément de la réforme, qui prévoit avant tout la suppression des filières. Si la PEEP espère que cela mettra fin à «une certaine hiérarchie des filières», comme le rapporte France Info, les inquiétudes montent: toutes les options seront-elles disponibles partout sur le territoire? Les «promesses d’équité» qu’évoque L’Est républicain seront difficiles à tenir. D’autre part, comme le remarque Le Point, le «choix de ces spécialités s’annonce décisif» pour le diplôme et pour la suite des études. Les choix devenant beaucoup plus complexe que les séries, c’est un nouvel enjeu d’égalité qui apparaît. Pas sûr que le site de l’Onisep mentionné par Le Point suffise à éclairer tous les élèves.

«Bienvenue en France»

Rappelons ce fait étonnant: «Bienvenue en France» est le nom d’un plan qui prévoit une multiplication par 10 à 15 des frais d’inscription à l’université pour les étudiants issus de l’extérieur de l’UE. En décembre, nous avons raté cette tribune dans Le Monde, signée par les représentants d’une vingtaine de sociétés savantes, qui «appellent au retrait de l’augmentation des droits d’inscription pour les étudiants étrangers» – une multiplication par 10 ou 16. Ses effets «toucheront d’abord les plus démunis, issus de pays en développement qui ne peuvent pas les soutenir suffisamment», «mettant ainsi en danger notre politique de coopération universitaire». «La réforme pourrait finalement avoir un effet mineur sur les recettes, mais risque de réduire de manière significative la diversité des profils» d’étudiants étrangers en France. Cela contredit le code de l’éducation, qui s’applique «sans distinction d’origine et de milieu social».

En réaction, Ouest France indique que «l’université de Clermont [est la] première à refuser d’appliquer la hausse des frais d’inscription des étudiants hors UE». Elle a été bientôt rejointe par douze autres, indique Libération.

À l’étranger

En Tunisie, le Huff Post reprend les propos de Chadia Mhirsi, «ex-inspectrice générale de l’éducation au ministère de l’Éducation», qui «tire la sonnette d’alarme sur la situation du secteur». Elle s’inquiète de la sortie de la Tunisie du programme PISA, du fort taux de redoublement dans le primaire, du niveau de formation insuffisant de leurs maîtres, et en souligne les conséquences: fort taux d’analphabétisme, proportion insuffisante d’élèves qui poursuivent jusqu’au bac, défiance à l’égard de l’école publique. Le tableau a de quoi inquiéter.

Au Sénégal, l’Institut africain des sciences mathématiques (AIMS) «a ouvert les inscriptions pour la deuxième promotion de son unique maîtrise africaine en apprentissage machine», «soutenue par Facebook et Google»: Afric Telegraph explique comment postuler. Le même AIMS a noué un partenariat avec l’université d’Ottawa, et «plus de 2000 ouvrages mathématiques» «renforcent les liens» entre eux».

Faire des mathématiques pour le plaisir

Dans sa chronique du Monde, Étienne Ghys suggère comme résolution de prendre «chaque jour le temps de faire travailler ses méninges avec des “problèmes plaisants et délectables”», grâce au Calendrier mathématique 2019 dont vous connaissez bien les défis.

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Un défi

En voici un autre, posé par «un habitant d’Auxonne» de 96 ans et relayé par France 3. Dans la grille ci-contre, il faut «intervertir le 18 et le 66, tout en faisant en sorte que le total de chaque rangée et chaque colonne tombe sur 369. Seules les cases vertes peuvent bouger. Et bien sûr, il faut réussir cela sans ordinateur.»

Ceux et celles qui préfèrent pratiquer en groupe iront plutôt à Levroux pour faire «des mathématiques expliquées simplement», d’après La Nouvelle République, ou bien au «club de maths pas du tout académique» annoncé dans Ouest France: «animés par des mathématiciens professionnels et amateurs», les ateliers Math-o-LU sont «l’occasion de découvrir ce que les maths peuvent apporter, à travers des thématiques variées, comme la démocratie, le langage, la propagation des rumeurs, la musique...»

Arts

Katy Ann Gilmore a été repérée par Daily Geek Show (en décembre). Elle crée des perspectives vertigineuses avec une grande économie de moyens, comme en témoigne l’image à la une de la revue de presse. Allez découvrir ses paysages abstraits!
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Théière de Marianne Brandt

Dans les arts de scène, on aura remarqué une rencontre entre mathématiques et danse repérée par La Gazette de Saint-Quentin les 14 et 15 janvier à Élancourt ou encore une pièce de théâtre vantée par France Info, après le film Imitation Game sur la vie d’Alan Turing et le décryptage de la machine Enigma pendant la guerre. Le spectacle, à l’affiche du théâtre Michel jusqu’en avril (voir la brève dédiée), connaît d’après Senior actu un grand succès auprès de tous les publics, à cause de l’attrait du personnage Turing et du jeu des acteurs. Sur ce thème, signale Le Progrès, la maison Aguttes exposait fin janvier un exemplaire de la machine Enigma (photo 7). Signalons par ailleurs, dans À voir, à lire, une critique enthousiaste de Rêves et motifs, un spectacle de la compagnie des Rémouleurs inspiré par Alexandre Grothendieck.

Dans le domaine du design et de l’architecture, Art Juice montre le résultat d’algorithmes de génération de structures avec le Coréen Yong Ju Lee, qui a réalisé «Root Bench», une structure qui reprend les règles de génération des racines d’un arbre. La structure de 700 m2 s’offre en chemin et en bancs pour les visiteurs. Le Point nous rappelle que la célèbre école de design allemande Bauhaus fête ses cent ans, ce qui donne l’occasion de plusieurs rétrospectives recensées par Le Figaro.

CNRS Info se fait lui l’écho de la plateforme Porosity qui propose des outils de communication entre artistes à la recherche de savoir-faire et compétences et de chercheurs qui souhaitent associer des artistes à leurs travaux.

Parutions

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Lisa Sauermann à Oberwolfach

On aime ou on n’aime pas les compétitions de mathématiques. L’une des plus prestigieuses, pour ne pas dire la plus prestigieuse, reste les olympiades internationales de mathématiques qui regroupent depuis 1959 des jeunes soigneusement sélectionnés, passionnés de mathématiques, venant de plus de cent pays. Une sorte de championnat du monde annuel de mathématiques qui se déroule en équipes avec des résultats individuels. Ils tentent de décrocher des médailles en résolvant des problèmes difficiles. Vous trouverez des informations ici ou et bien sûr sur le site d’Animath qui pilote la préparation olympique française depuis de nombreuses années. On peut se demander si ce genre de compétition joue le rôle d’un incubateur de futurs mathématiciens de talent.
Dans sa chronique mathématique mensuelle, «Devenir mathématicien quand on est jeune prodige», Roger Mansuy précise que même que si l’on parle souvent du palmarès aux OIM de mathématiciens prestigieux «on omet souvent [de dire] que, parmi ces jeunes lauréats, certains ne deviendront jamais des chercheurs de premier plan». Mais parmi les plus brillants, la route semble bien tracée. Sans préjuger de son avenir de mathématicienne, il prend en exemple Lisa Sauermann qui est actuellement la femme la plus médaillée aux olympiades. Elle poursuit une thèse à Stanford sous la direction de Jacob Fox (en) et elle a déjà des résultats impressionnants avec en particulier une preuve d’une conjecture énoncée en 1990 par Paul Erdős et ses collaborateurs. Des débuts vraiment prometteurs...

«Les suites aliquotes occupent les mathématiciens depuis des millénaires, et les ordinateurs depuis cinquante ans» écrivait en 2002 Jean-Paul Delahaye dans une de ses rubriques «Logique et calcul». Dans son rendez-vous de février, Mystérieux diviseurs il revient sur quelques questions qui passionnent, intriguent, irritent parfois les amateurs et les mathématiciens professionnels depuis l’Antiquité. Par exemple, les nombres parfaits (des nombres comme $6$ ou $28$, égaux à la somme de leurs diviseurs propres) connus sont tous pairs mais «on ne sait pas démontrer qu’il n’existe pas de nombres parfaits impairs. Cependant on sait que si $N$ est un nombre parfait impair, alors il est supérieur à $10^{1500}$ et comporte au moins $101$ diviseurs premiers (résultat de Pascal Ochem et Michaël Rao, publié en 2012)». On ne sait pas non plus s’il existe une infinité de nombres parfaits pairs. Bref, les résultats avancent mais pas à pas, malgré l’usage important de l’outil informatique. Pour la recherche des nombres de Mersenne premiers un projet de calcul partagé, le Great Internet Mersenne Prime Search (GIMPS) a été mis en place dès la fin du XXe siècle. Jean-Paul Delahaye vous propose de mettre «votre machine au service d’une de ces questions résolument mystérieuses sur lesquelles l’humanité se penche depuis plus de deux millénaires.» Nombres premiers de Mersenne, nombres parfaits, paires amiables... L’attrait de beaucoup de questions liées à la théorie des nombres reste que la simplicité des énoncés n’a d’égale que la difficulté de les résoudre.

Terminons avec la sortie en kiosque en janvier d’un numéro hors série du magazine Tangente, «Mathématiques et physique, destins croisés» avec une belle richesse de dossiers, d’articles, d’informations, de jeux... Une revue qui cible principalement les lycéens mais offre à tout lecteur curieux de belles promenades dans le monde de la science.

Pour finir

Si la mélancolie vous assaille et si vous doutez comme l’allégorie de Dürer évoquée par France Culture que la géométrie puisse vous sauver de l’Apocalypse, allez toutefois regarder les prouesses que fait Charles Lakey avec un billard sur Le Tribunal du net: «c’est toujours ça de pris, comme disait ma grand-mère

Article édité par Jérôme Germoni

Notas

[1Bon, il faut reconnaître que la traversée est jalonnée de quelques marronniers...

[2Cette chronique est réservée aux abonnés.

[3À la session de 2018 du CAPES externe, il y a eu 1068 professeur⋅e⋅s recruté⋅e⋅s pour 1183 postes; en 2017, 1066 recruté⋅e⋅s pour 1440 postes; en 2014, 793 pour 1592; etc.

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L’équipe Actualités — «Revue de presse janvier 2019» — Images des Mathématiques, CNRS, 2019

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