Un mathématicien dans la rue

Jean-Pierre Kahane à Bures-sur-Yvette

Le 16 décembre 2009  - Ecrit par  Emmanuel Ferrand Voir les commentaires (7)

Que font les mathématiciens passé l’age de la retraite ? Beaucoup restent fortement impliqués dans la vie mathématique, on n’arrête pas les maths comme cela ! Jean-Pierre Kahane en est un bon exemple, qui, à plus de 80 ans, ne ménage pas ses efforts pour diffuser le savoir mathématique et soutenir ses collègues plus jeunes.

La vidéo

L’hiver dernier, on a pu le voir dans les rues de Bures sur Yvette, en banlieue parisienne, parler de géométrie et de bien d’autres choses. Avec du papier et un crayon, il a su captiver l’attention des passants pendant plus d’une heure.

Jean-Pierre Kahane dans la rue

Au cours de sa carrière, Jean-Pierre Kahane, toujours très concerné par les problèmes de la vie extra-mathématique, a eu plus d’une fois l’occasion de descendre dans la rue. Cette fois-ci c’était pour apporter son soutien à ses collègues de l’université Paris-Sud durant le mouvement des universitaires du début 2009.

Quelques-unes des choses dont parle Jean-Pierre Kahane aux « hommes de la rue » dans ce film :

Euclide et Bourbaki

Dans ce témoignage vidéo capté sur le vif, J-P K évoque Euclide mais aussi Bourbaki, qui est peut-être un peu moins connu. Derrière ce nom se cache en fait un collectif de mathématiciens, qui à partir des années 1930, a entrepris un grand travail de clarification des structures mathématiques. Comme celui d’Euclide, le traité de Bourbaki porte le titre d’Éléments. La pensée de Bourbaki a eu une influence considérable sur les mathématiques françaises, voire mondiales.

Une formule

L’intégrale, dit Jean-Pierre Kahane, c’est entre autres choses une formule, que voici (pour la beauté des formules)

\[\int_0^1x\, dx=\frac{1}{2}.\]

Une figure

Le point M est le milieu de la corde AB. Les deux autres cordes passent par M. Un problème euclidien : il y a un cercle, des longueurs... Pour démontrer que M est le milieu de CD, le plus rapide (le moins « rasoir ») est de changer un peu le cadre. Dans le cadre projectif (le plan habituel... sauf que toutes les droites se coupent, il n’y a plus de parallèles), le problème devient beaucoup plus simple.

Wendelin Werner

A la fin du document vidéo, Jean-Pierre Kahane évoque Wendelin Werner, que nous avions interviewé pour IdM début 2009.

Post-scriptum :

Jean-Pierre Kahane est aussi un auteur d’Images des mathématiques

Article édité par Michèle Audin

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Pour citer cet article :

Emmanuel Ferrand — «Un mathématicien dans la rue» — Images des Mathématiques, CNRS, 2009

Commentaire sur l'article

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  • Un mathématicien dans la rue

    le 8 janvier 2010 à 12:49, par MathOMan

    Juste une remarque : il existe aussi deux autres solutions à ce problème (voir par exemple ici).
    La solution calculatoire est aussi instructif pour des étudiants, et je l’utilise pour mes TP de Maple (laissant la machine faire le travail embêtant..).

    Répondre à ce message

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