Une bonne nouvelle historique !

Le 13 octobre 2009  - Ecrit par  Gilles Stoltz Voir les commentaires (9)

Vous avez pu croire que je n’étais jamais rentré de mes vacances, mais je croulais simplement sous la frénésie de la rentrée.
D’ailleurs, en ce mois de rentrée (septembre dernier), s’est déroulé un événement historique (au sens où il fait et corrige l’histoire), qui m’est passé inaperçu mais qu’heureusement, on m’a signalé : la réhabilitation du mathématicien (et fondateur de l’informatique) Alan Turing.

Réhabilité ? En effet, il avait été condamné pour indécence (en fait, homosexualité) en 1952 et avait dû choisir entre la prison et la castration chimique ; il a préféré cette dernière, mais malgré tout, il avait été écarté de tous les grands projets scientifiques à partir de ce moment. Sa mort en 1954 est généralement présentée comme un suicide, conséquence de sa mise à l’index. La plupart des pays érigeaient l’homosexualité en délit à cette époque et la réprimaient, et c’est à ce titre que Gordon Brown a présenté ses excuses : non que Turing ait été maltraité en dehors de la loi, mais en vertu d’une loi qui était inhumaine. Les excuses sont restées officieuses et aucun procès officiel ne peut avoir lieu, par absence d’héritiers.

On pourra consulter le florilège de sources suivantes pour en savoir davantage : Le Monde, Têtu... et évidement, Image des mathématiques ! (Honte à moi qui n’avais pas vu passer l’information.)


Cela étant, au-delà de cette bonne nouvelle historique, on voulait sans doute que je dresse également un état des lieux du présent : une telle histoire pourrait-elle se reproduire de nos jours ? Dans de telles proportions, certainement pas ; mais dans le quotidien des laboratoires et des rencontres en groupes, lors des conférences ? En bon statisticien, je me garderais bien de présenter des statistiques fondées sur un échantillon de taille $n = 1$...

Mais je tendrais à dire que dans mon esprit, les mathématiques et ceux qui les pratiquent ont ceci de particulier qu’ils s’intéressent essentiellement au fond, au côté objectif des choses, et que la tolérance est grande sur de nombreux sujets : l’orientation sexuelle, certes, mais aussi la manière de s’habiller, de communiquer socialement, etc.

Les seuls sujets qui prêtent régulièrement à débat et font sortir certains de mes collègues de leurs gonds seraient les réformes ministérielles maladroites (de droite comme de gauche) et leur lot de restrictions budgétaires et... ce qui tourne autour de la laïcité et de la religion. Mais tout ceci est une autre histoire, que je ne vous conterai pas.

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Pour citer cet article :

Gilles Stoltz — «Une bonne nouvelle historique ! » — Images des Mathématiques, CNRS, 2009

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  • Posts

    le 14 octobre 2009 à 14:24, par Franck Dernoncourt

    57 ans !! La prise de décision en politique et le changement de mentalité ne sont certainement pas des fonctions calculables...
    et il en va de même pour la postérité (dans le cas présent je pense à E. Post, qui lui souffrait d’ailleurs réellement d’une maladie mentale).

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