9 mars 2012

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  • 8 mars, journée de la femme

    le 9 mars 2012 à 10:52, par le_cheveulu

    Merci pour ce billet !!!!

    On rajoutera aussi l’émission sur France Inter « la tête au carré » qui présente un rapport commandé par la cité des sciences sur le sexisme dans la vulgarisation scientifique.

    Tous ces liens sont utiles. J’aurais aimé les avoir hier avec un argumentaire quand j’ai tenté de faire prendre conscience à mes étudiant(e)s de la domination masculine dans les sciences à la fin de mon cours d’algèbre. Je me suis contenté d’arguments sociologiques et de quelques chiffres : sur les près de 800 Nobels, seuls 44 sont des femmes, pour les médaille Fields : 0 femmes.

    Les réactions ont été les suivantes : les jeunes femmes n’ont pas bronché, pas de prise de parole ni pendant mon intervention, ni après le cours. Les jeunes hommes ont commencé à pouffer, dénigrer ce combat d’arrière garde dont on leur rebat les oreilles, ont pris la parole et l’ont accaparé et ont développé des arguments basés sur la génétique et très conservateurs en terme d’« ordre social normal ». J’ai cassé tout ça avec mes maigres connaissances en sociologie. Comme j’aurais aimé avoir un argumentaire plus solide d’Images des Mathématiques le jour J, sans que je sois obligé de farfouiller dans les archives et faire une synthèse que je n’ai pas le temps de faire...

    J’ignore si ce que j’ai fait a eu un impact. J’espère...

    J’ajouterai ceci à tous les enseignant(e)s qui se sentent concerné(e)s. Lorsque vous commencez un cours d’algèbre, avant de parler de Galois, parler d’Emy Noether et de son combat pour se faire reconnaître en tant que mathématicienne et pas comme simple porteuse de jupons.

    Merci encore.

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    • 8 mars, journée de la femme

      le 11 mars 2012 à 21:25, par Barbara Schapira

      Bonsoir

      Je prefererais qu’on ne parle pas des femmes le 8 mars, mais qu’elles soient representees aussi bien que les hommes dans les medias, le reste de l’annee.

      Cela etant dit, si on veut convaincre les etudiantes d’etre ambitieuses, une simple reference a Emmy Noether ou autres grandes mathematiciennes ne suffit pas. Ne serait-ce que par les maths qu’on enseigne sont pour l’essentiel d’une epoque ou a part S Kovalevskaya, E Noether, S Germain, A Lovelace, on a du mal a trouver des noms.

      Les filles ont du mal a etre ambitieuses, pour plein de raisons : absence de modeles dans les familles, dans les labos, pression de la societe pour en faire des nunuches frivoles, et/ou femmes au foyer plutot que des cadres de professions intellectuelles.
      Ce qui pousse les etudiantes meme les plus serieuses et les plus douees a esperer au mieux etre instits.

      Il y a peut etre meme des facons d’enseigner qui privilegient les garcons plutot que les filles, mais c’est difficile a etudier.

      Pour que les filles se sentent le droit d’etre ambitieuses, il faut, individuellement ou dans un PETIT groupe avec que des filles, leur dire qu’elles peuvent passer le capes plutot que le cape, l’agreg plutot que le capes, faire un master recherche plutot qu’enseignement, faire une these qui ne les empechera pas de choisir plus tard la securite du boulot de prof si elles preferent, etc.

      Par ailleurs, il faut aussi dire aux garcons que dans nos ecoles, on a besoin d’hommes instits, parce que casser les stereotypes, c’est evidemment a double sens !

      Et pourquoi pas une reunion sur les stereotypes de genre, chaque annee, pour les etudiant-e-s ?

      Bref, j’approuve grandement la citation d’Emmy Noether, mais je crois qu’il faut beaucoup plus d’interventionnisme.

      Bonne soiree

      Barbara

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      • 8 mars, journée de la femme

        le 16 mars 2012 à 17:39, par le_cheveulu

        « je crois qu’il faut beaucoup plus d’interventionnisme. »

        Je vais essayer de faire ça dans mes classes et faire passer le message à des collègues. Je souhaite pointer du doigt une chose importante. Les étudiants en sciences « dures » ne disposent pas comme pour les sciences humaines d’enseignements où ils peuvent questionner leur positionnement social. Il y a bien les langues étrangères, mais comment verbaliser dans une autre langue ce dont on a à peine conscience... De l’autre côté les enseignants en sciences ne disposent ni du temps en classe, ni du temps chez eux pour préparer des argumentaires efficaces sur ce problème. Il nous faut par conséquent un petit paquet d’argumentaires simples que nous pourrions nous approprier sans y passer des heures et les transmettre. La journée des femmes est une excellente occasion pour faire connaître ces choses qui j’en suis sûr existent quelque part.

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  • 8 mars, journée de la femme

    le 10 mars 2012 à 21:01, par Christine Huyghe

    Merci pour ces précisions. Les enseignants ont en effet leur rôle à jouer. A noter que France 2 dans le JT du 10 mars,
    consacre un reportage à ce problème (effectué au lycée du Parc et à l’ENS de Lyon). Concernant l’argumentaire possible, on peut mentionner une étude de Pascal Huguet et Isabelle Régner, Mathématiques : Les femmes et les hommes tous égaux qui conclut que le handicap des filles serait dû à des raisons « psychosociales » et non, bien entendu, d’ordre physique.

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    • 8 mars, journée de la femme

      le 11 mars 2012 à 11:06, par le_cheveulu

      Cette étude est une excellent démonstration ! Je l’archive. Je dévie un peu, mais il serait aussi intéressant de l’étendre aux différentes classes sociales pour expliquer par exemple le constat fait dans « Le Monde » il y a quelques semaines du caractère discriminant des mathématiques.

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