5 octobre 2012

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  • La montagne hexagonale

    le 5 octobre 2012 à 09:45, par Jean-Paul Allouche

    Merci pour cet article ! Pour les buts mercenaires et utilitaires, si l’on remplace « sciences » par « mathématiques », je me dis que je me trouve en bonne compagnie avec l’auteur et avec Freeman Dyson ! Je me sens souvent en effet bien isolé lorsque j’affirme qu’on ne donne pas le goût des mathématiques à quelqu’un en lui expliquant à quoi elles servent dans la vie de tous les jours. Et je suis presque sûr que je n’aurais jamais eu envie de faire des mathématiques si l’on m’avait expliqué lorsque j’étais môme que les math. servent dans les cartes à puce (ce qui semble être devenu l’un des « exemples » canoniques de l’« utilité » des mathématiques)... Et à propos d’utilité ---sans revendiquer bien évidemment une prétendue nécessité de non-utilité--- on pourrait s’inspirer du mot d’Einstein laissez l’égance aux tailleurs pour suggérer qu’on cesse de demander aux mathématiques de jouer les utilités.

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    • De l’utilité

      le 5 octobre 2012 à 19:00, par Patrick Popescu-Pampu

      Merci pour votre commentaire !

      Je trouve en effet effarante l’obsession de l’utilité dans les discours politiques, à une époque où l’on a, j’espère, suffisamment compris que les mariages par amour sont préférables aux mariages arrangés, qui étaient eux motivés par l’utilité. L’utilité semblait mesurée par la dot. On ne demande plus aux mariés quelle est leur dot. Alors pourquoi demande-t-on aux scientifiques quelle est l’utilité de ce qu’ils font ? Leurs capacités sont pourtant gouvernées aussi par l’amour de leur sujet. Ils n’auront la capacité d’acquérir des techniques sophistiquées (applicables entre autres à quelque chose que quelqu’un d’autre jugera utile à un moment donné) que portés par cet amour !

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  • La montagne hexagonale

    le 5 octobre 2012 à 13:34, par ROUX

    • Les modèles de Maxwell

      le 5 octobre 2012 à 18:52, par Patrick Popescu-Pampu

      Merci beaucoup pour ce lien, que je ne connaissais pas !

      Je voudrais préciser qu’on y arrive via cette page, dans laquelle on apprend qu’il s’agit d’un modèle fait par Maxwell lui-même. Une photo se trouve en fait dans l’article de Jolls dont j’ai extrait le dessin, précisément au verso du dessin. On y apprend que Maxwell avait fabriqué trois modèles en plâtre, et qu’il en avait envoyé un à Gibbs. Les deux autres se trouveraient encore au Cavendish Lab, l’un d’entre eux étant représenté dans la photo de votre lien.

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  • La montagne hexagonale

    le 6 octobre 2012 à 11:15, par Bernard Hanquez

    Très joli article, qui soulève quelques problèmes moraux.

    La science est présentée à nos jeunes comme une discipline rigide et autoritaire, liée à des buts mercenaires et utilitaires, et salie par son association avec les armes de destruction massive.  : C’est vrai mais quand on demandait à Richard Feynmann pourquoi il avait accepté de travailler sur la bombe il répondait qu’il fallait la trouver avant les allemands.
    Je suis plutôt optimiste vis à vis des scientifiques, leur démarche ouverte de partage des informations est garant de leur honnêteté. Les « savants fous » travaillent dans l’ombre.

    J’ai appris très peu de science à l’école, à l’exception des mathématiques, mais j’ai appris beaucoup de science par d’autres moyens.  : Je suis tout à fait d’accord avec cette phrase de Dyson, quand j’étais jeune (12/13 ans) je m’intéressais à l’aviation et j’avais appris tout seul (avec l’aide d’un petit livre d’aérodynamique) pourquoi les avions volaient. En fait j’avais envie de savoir !

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    • ``J’avais envie de savoir’’

      le 6 octobre 2012 à 21:25, par Patrick Popescu-Pampu

      Merci pour votre message !

      Je pense que tout auteur ou comité d’auteurs de manuels devrait réfléchir à cet aspect dont vous parlez : pour apprendre quelque chose, il faut avoir vraiment envie de le savoir. Le problème est que trop souvent on enseigne des choses dont on sait qu’elles seront indispensables plus tard, sans que l’élève puisse les appliquer immédiatement à quelque chose qu’il a envie de savoir. Les manuels seraient donc peut-être meilleurs s’ils avaient une partie « culturelle », mais nourrissant l’envie. D’une certaine manière, Images des Maths est un atelier où les mathématiciens s’entrainent à écrire ce genre de textes, peut-être que l’expérience communautaire acquise permettra de réinsuffler du sens dans les manuels et dans la manière d’enseigner.

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