25 novembre 2012

10 messages - Retourner à l'article
  • Le programme nouveau est arrivé !

    le 25 novembre 2012 à 20:25, par Julien Puydt

    Ce nouveau programme a l’avantage de commencer par un morceau sur les méthodes de raisonnement, là où le programme actuel n’en fait pas vraiment mention ; tout au plus le chapeau de la partie « Analyse et géométrie différentielle » mentionne-t-il qu’il faut entraîner les étudiants à manier les quantificateurs. Je trouve que c’est un progrès ! Certes, pas question de passage au quotient par une relation d’équivalence, donc on ne pousse pas les choses assez loin pour avoir ne serait-ce que le début du germe de ce qui serait vraiment nécessaire pour faire un peu d’algèbre sérieusement...

    J’attends avec impatience de savoir à quelle sauce je vais préparer mes étudiants à l’avenir — j’ai moi aussi trouvé assez étrange de voir publier le programme de mes futurs-futurs élèves, mais pas de mes futurs élèves. Pour l’instant, je sais ce que mes futurs élèves auront vu, mais pas ce que je vais leur montrer...

    Petite remarque au passage : « LA classe de math sup » n’existe plus depuis des années ; il y a de (trop ?) nombreuses filières différenciées dès la première année de prépa. Et parmi ses filières, la malheureuse PCSI bénéficie même de ce que l’on appelle un Y, où les étudiants font (actuellement) un choix entre la chimie et les sciences de l’ingénieur à l’issue de la première période (trois mois)... « Y » particulièrement décrié, mais qui sera apparemment maintenu. Ah, le plaisir pour les étudiants de faire un choix cornélien entre deux matières qu’ils découvrent à peine et le plaisir pour les professeurs de refaire les emplois du temps et les colloscopes en cours d’année !

    Répondre à ce message
  • Le programme nouveau est arrivé !

    le 26 novembre 2012 à 13:31, par Simon Billouet

    La comparaison avec le programme de l’université de Cambridge réapparaît. Il serait quand même pertinent de savoir quelles populations on compare ; les taupins MPSI doivent être plusieurs milliers (je ne connais pas le nombre exact) et finissent dans des écoles à buts et niveaux variés. Qu’en est-il des étudiants de Cambridge ? J’aurais plutôt tendance qu’ils ressemblent aux étudiants de l’X ou des ENS chez nous (auquel cas il n’est pas étonnant que le programme soit plus ambitieux que celui des CPGE). Quelles autres matières étudient-ils, par ailleurs ?

    Répondre à ce message
    • Le programme nouveau est arrivé !

      le 28 novembre 2012 à 10:03, par Pierre Colmez

      Oxford+Cambridge=8000 étudiants par an. En éliminant la médecine, les lettres et les sciences sociales, il doit rester autour de 4000 étudiants par an qui passeraient par les classes préparatoires scientifiques en France. Tous ne font pas des maths, mais le problème en France est peut-être que l’on insiste pour former de la même manière des gens finissant dans des écoles à buts et niveaux variés (au moins sur le papier car, en pratique, la formation reçue varie beaucoup d’une classe à l’autre : 5 heures de prépa pour une heure de cours magistral de Cambridge permet de faire (ou pas) des tas de choses qui ne sont pas dans le programme).

      Répondre à ce message
      • Le programme nouveau est arrivé !

        le 28 novembre 2012 à 23:13, par Clément Caubel

        En prépa scientifique, c’est plutôt 20000 : cf le dernier numéro d’octobre de la gazette des maths (qui chiffre à 22500) ou les statistiques de l’UPS (plus précises : par exemple en septembre 2010, 6758 (!) en MPSI, 7120 en PCSI et environ 4000 dans des filières plus techniques (PTSI, TSI, ATS...), ce qui donne 18000).

        Répondre à ce message
  • Le programme nouveau est arrivé !

    le 26 novembre 2012 à 23:14, par ROUX

    Quand j’ai lu le message, je ne vous voyais pas jouer au go mais je voyais une immensité noire.
    Je n’ai pas pensé à un problème de téléchargement mais à une volonté de marquer le deuil de trop de concepts absents du nouveau programme.
    Et puis aujourd’hui, je vous vois : non, non, le noir allait très bien à ce billet...
    Pour ce qui est de présenter le programme de 1ère année sans celui de 2nde année, c’est comme cela que les collègues de lycées ont été traité : à quoi vous attendiez-vous ?

    Répondre à ce message
  • programmes de mathematiques dans les Universites francaises

    le 29 novembre 2012 à 09:14, par Christine Huyghe

    Pourquoi ne pas évoquer aussi l’enseignement des mathématiques dans les universités françaises (Cambridge n’est pas accessible à tout le monde) ?

    Par exemple, l’UFR de maths de Strasbourg propose un cursus
    (MPA) dès la première année d’université, dont le programme de maths comprend l’étude des anneaux Z/nZ dès le premier semestre.

    Les étudiants de ces parcours bénéficient aussi de séances d’interrogation orale.

    Répondre à ce message
  • Le programme nouveau est arrivé !

    le 29 novembre 2012 à 18:04, par projetmbc

    Enseignant la spécialité en Terminale S, je ne comprends pas que l’on ne travaille plus dans Z/nZ. Je vais en parler à mes élèves via un mini-doc hors du cours. Ceci pour dire, que cette notion est simple.

    J’ai été un élève faible en prépa, faute d’avoir été poussé en Term. S, mais je garde tout de même de la spé. le souvenir plus qu’émerveillé des résultats sur sur la cardinalité.

    Je suis globalement inquiet de la médiocrité que l’on est en train d’instutionnaliser à tous les niveaux.

    Pourquoi ? Qui fait ces programmes ? Il serait temps que les enseignants puissent participer à ce processus.

    Répondre à ce message
    • Le programme nouveau est arrivé !

      le 5 décembre 2012 à 12:03, par Karen Brandin

      Je m’associe au désarroi de ce commentaire et tend même vers une lassitude exaspérée.

      C’est sans aucun doute un problème de ne pas avoir d’idée du programme de spé puisque c’est un cursus sur deux années dont on ne serait de ce fait apprécier la cohérence, mais ne pas savoir où l’on va mais est au moins un aussi gros problème que de ne pas tenir compte d’où l’on vient.

      J’ai l’occasion de suivre cette années des secondes, des premières S et ES, des terminales S, ES (spé), STG, STL et deux jeunes filles en prépa : une en PCSI et une en double cursus qui prépare l’ENS Cachan en économie. C’est usant mais cela permet d’avoir un début d’idée idée de l’évolution de l’enseignement.

      Parmi cette cinquantaine d’élèves, il y a une grande majorité de terminales S qui sont issus de 5 ou 6 lycées différents( plutôt parmi ceux qui ont des taux de réussite au bac proches de 100 %). À cette époque de l’année, les élèves ont dû assimiler : les suites numériques, le principe de récurrence, la continuité (local/global), la dérivabilité (local/global), les limites et conséquences graphiques, l’étude de fonctions trigonométriques, la fonction Exp, la fonction ln et ils débutent les nombres complexes. Bien sûr certains établissements sont bien moins avancés, d’autres n’ont toujours pas traité le chapitre concernant les limites mais ont pourtant traité la continuité ainsi que l’étude la fonction Exp (!!) mais même dans le cas où le programme est parcouru dans un souci de relative cohérence, comment peut-on envisager que les élèves soient en mesure de s’approprier tant d’outils nouveaux dont certains sont délicats à manipuler ? C’est affligeant.

      On fait des élèves des machines à régurgiter, au plus mais il y a fort à parier que le soir même de l’épreuve de maths du baccalauréat, il ne restera plus rien de l’année de terminale. Certains jeunes sont tellement dépassés qu’ils font porter la repsonsabiité à la discipline dont ils se détâchent, jusqu’à être tentés de la mépriser.

      Je faisais travailler l’autre soir deux terminales S sur la fonction Exp et la jeune fille ne parvenait pas à dériver $ x \mapsto e^{2x^{3}+x} $ par contre elle savait dériver sans problème la fonction $x \mapsto f(x)=e^{-3x+2} $ car elle avait retenu la formule dans le cas où u est une fonction affine mais pas la généralisation. En fait elle ne voyait même pas le lien ; c’est terrifiant.

      Qui fait ces programmes ? Mais en majorité des enseignants même s’ils ne sont pas les seuls représentants de la commission.

      J’aurai donc envie de dire « qu’importe le nouveau programme de prépa » car je ne pense pas que l’on donne aux futurs étudiants une chance suelment de pouvoir l’envisager avec une relative sérénité un peu
      comme on cite parfois « Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse ».
      En outre, il faut tenir compte du saupoudrage obligatoire de processus algorithmiques. On aurait pu imaginer que cette forme compacte d’instructions pourraient séduire des élèves qui rechignent tant à rédiger mais ce n’est pas du tout le cas. La plupart les questions de devoir surveillés portant sur ce thème ne sont pas traitées.

      En Terminale ES, il faut voir comment est traité la notion de continuité en un point ; certaines rédactions sont presque irréelles puisque le concept de limites n’est plus au programme (sauf dans le cas des suites numériques et encore dans un cas particulier). Si c’est pour faire çà, franchement ce serait plus sain d’oser abandonner cette notion et de mettre une hypothèse de dérivabilité dans le TVI (dont ils ont bien sûr la rédaction dans la calculatrice) quitte à préciser qu’elle est trop forte. Je pense aux élèves qui souhaitent une prépa commerce (ECE) dont le programme de maths est loin d’être anecdotique. Comment vont-ils s’en sortir (sans calculatrice pour le coup) ?

      Enfin, les élèves de prépa que j’ai l’occasion de suivre et qui étaient d’excellentes élèves au lycée sont d’orès et déjà complètement perdues alors qu’en sera t-il l’an prochain avec le nouveau cru ?

      J’ai acheté les trois derniers numéros du magazine Tangente qui cite bien souvent Images des mathématiques. Le public visé est un public lycéen (motivé sans doute mais il existe Tangente Sup donc ..) mais tout un numéro porte sur les invariants. Quand parle t-on d’invariants au lycée ? quand parle t-on de structure ? les similitudes sont des maths dépassées paraît-il or il y a tout un article autour de cette transformation.

      On a le sentiment vertigineux de vivre dans des univers parallèles qui s’ignorent superbement au lieu de se correspondre, de se compléter. Quant aux Quizz du dernier Hors série sur les ambassadeurs francophones des mathématiques, je n’ai pas un tale S qui puissent traiter ne serait-ce que les questions annoncées comme « culturelles ».

      Le micro-climat du sud-ouest n’y est peut-être pas pour rien ? Je commence sérieusement à m’interroger ...

      Répondre à ce message
  • Le programme nouveau est arrivé !

    le 2 décembre 2012 à 00:13, par Antoine Chambert-Loir

    Le plus marrant (enfin...) c’est qu’à côté de ces absences criantes, les concepteurs du programme ont cru important d’y faire figurer le théorème de prolongement des applications $C^k$ par morceaux... un truc plus facile à démontrer qu’à énoncer, mais dont l’utilité me semble franchement discutable à ce niveau là.

    Répondre à ce message
  • Le programme nouveau est arrivé !

    le 3 décembre 2012 à 10:19, par Denis Choimet

    On ne peut imaginer que Z/nZ ne soit pas au programme de deuxième année. Quant aux mathématiques de l’ensemble vide, il s’agit certainement d’un sujet à aborder en priorité dans un programme de premier cycle, mais je ne suis pas suffisamment spécialiste de la question pour en juger.

    Répondre à ce message
Pour participer à la discussion merci de vous identifier : Si vous n'avez pas d'identifiant, vous pouvez vous inscrire.