18 décembre 2015

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  • La fabrique de l’étudiant oubliant. Quelques questions se posent !

    le 8 janvier 2016 à 12:09, par christophe c

    @Antoine CL. Je pense que ton rebondissement est une réaction erronée. Le terme souvent employé « notation bienveillante » est très maladroit, car il est vague et peut recouvrir deux sens tout à fait différents, voire opposés ce qui est un comble.

    1) Il a un sens quantitatif : il signifie alors que la moyenne des résultats est multipliée par un facteur trop grand. Ce sens est hélas particulièrement inopérationnel et politique : les uns trouvant les moyennes de cohorte trop élèvées par rapport à un niveau supposé (ils accusent alors la notation d’être trop bienveillante), les autres défendant au contraire les moyennes comme il faut ou trop basses (ils se félicitent alors que la notation soit bienveillante). Ce sens n’est pas pertinent et ne fait que conduire les différents débattants à s’affronter politiquement

    2) Il a un sens qualitatif : il signifie alors qu’on triche, c’est à dire qu’on rémunère en points des réponses fausses (voire pire, qu’on ne rémunère pas des réponses correctes mathématiquement en vue de détourner l’outil maths vers une utilisation propagandiste dans les cas les pires). Ce sens-là est pertinent. Et ce sens ne préjuge absolument pas du coefficient par lequel on multipliera les moyennes de cohortes pour obtenir un quota imposé par un politiques de reçus à tel ou tel examen. Peu de débatants discutent du sens qualitatif alors que c’est lui qui induit les guerres les plus âpres : mais hélas, les opposants à « la bienveillance trichante » n’ont semble-t-il pas le temps ont sont trop soucieux de concision quand ils publient leurs idées, ils ne précisent donc pas s’ils parlent de (1) ou de (2).

    L’exemple le plus connu de tous actuellement est celui du secondaire. On a supprimé la physique et les maths de l’enseignement secondaire (progressivement mais complètement sur plusieurs années depuis 2000) pour les remplacer par de TOUTES AUTRES matières inventées par le lobby pédagogique (qui croyait peut-être bien faire, mais qui s’est battu pour être reconnu entre 85 et 2005 au point de finir par tout envahir, de continuer de « taper » quand plus personne ne se fatiguait à lui répondre et finalement d’oublier son but)

    On a officialisé de manière honnête cette disparition dans une seule filière, la filière L où on a eu l’honnêteté d’informer le public qu’il n’y aurait dorénavant plus de maths en L (et donc plus de matière qui s’appelle porte le nom « mathématiques »). Le public a donc la responsabilité de s’informer et de ne pas se prétendre trahi pour cette filière (beaucoup n’apprennent que leur enfant n’a plus de maths en 1L et Tl en milieux d’années, mais c’est « de leur faute »). On a pas du tout eu la même honnêteté dans les autres filières. Par exemple, 90% des parents d’élèves de lycéens pensent que leur enfant reçoit encore un enseignement appelé « mathématique » quand il est en seconde ou en 1ere S ou en Terminal S.

    A partir de là, en aucune manière on ne peut incriminer un manque d’investissement dans le resnseigement des parents quand ils découvrent que ce n’est pas le cas. Ils ne sont qu’une très petite minorité à en être informés, même si tacitement la plupart « ressentent » cette information officieuse et ont dès le départ entériné l’arnaque et souhaitent la faire « juter » en harmonie plutôt que la dénoncer (ils s’informent alors sur la procédure du bac, ce qui n’est pas très difficile, apprennent vite le secret de polichinelle que pour faire réussir les cohortes de candidats aux bacs S et ES, on publie les sujets (à epsilon près) et les corrigés AVANT l’épreuve, et qu’au cas où ça ne suffira pas, on conditionne les candidats à des fonctions constantes (ie f:xmapsto k, quelle que soit la question x posée tu répondras k, puis les producteurs des sujets, en cheville avec les enseignants s’engagent à poser une question q qui appartient à l’ensemble des questions dont la réponse est k), etc

    Et bien c’est là que surgit le sens pertinent de (2) : sens qualitatif de l’expression polémique « notation bienveillante ». Lorsque le lobby pédagogique a remplacé les maths par une autre matière (je l’appelle « myth » pour lui donner une abréviation), il n’avait moralement pas le droit de continuer le mot trompeur « math ». Il aurait dû trouver un nom académique pour myth et définir le plus précisément possible les attendus. Il aurait aussi dû définir ses propres examens et barèmes et ce de manière assumée.

    Pourquoi ne l’a-t-il pas fait et a préféré mettre sur pièce une escroquerie ? La réponse est très simple : il voulait conserver aux sujets des examens (qui sont publics) une apparence : les journalistes étrangers y ont accès, le grand public y a a accès, etc. Tout ceci est objectif et ne relève pas de l’opinion politique. Ce sont des faits. Le coup de publier les sujets et les corrigés (à epsilon près) et d’utiliser d’autres astuces pour berner les observateurs extérieurs (eux ne voient que les sujets, donc s’ils sont vraiment très extérieurs, ils peuvent se laisser aller à penser qu’un lycéen sortant de S sait ce qu’est une dérivée, ou qu’un lycéen moyen sortant de ES manipule la convexité, etc**) ne peut pas tenir lieu d’opinion, de position « honnête », de mouvement « idéologique ». L’existence de l’escroquerie décrite ci-dessus n’atteste pas de manière importante que les dénonciateurs du lobby pédago « a tort sur le fond », ce qu’elle révèle surtout c’est le fait que les défenseurs du lobby, eux-mêmes, se savent en situation d’échec (de désastre même !!) car ils trafiquent eux-mêmes leurs mesures (la mesure de ce qui s’affichera comme étant le résultat de leur prise de pouvoir dans les années 90). Ce point est ABSOLUMENT essentiel ! (par exemple, quand un libéral critique un communiste, on l’écoute d’une oreille distraite en sirotant un bière. Quand par contre, un communiste (ce n’est qu’un exemple) critique violemment les démarches d’un de ses camarades communiste, on ne peut pas le suspecter d’être aveuglé par une idéologie adversaire).

    Les dénonciations par un de plus en plus grand public alarmé de choses qu’ils résument très rapidement par des expressions à deux mots (comme « notation bienveillante » par exemple) portent sur la situation qualitative, même si c’est inconscient, chez eux. Pour utiliser des termes calculatoires, si on note [i mapsto p(i)] les performances brutes des candidats à leurs épreuves dites « math », et a le coefficient par lequel on va tout multiplier pour satisfaire des quotas politiques, ie à la fin, on obtient les notes officielles [i mapsto a.p(i)], et bien ce n’est pas le fait que a soit trop grand qu’ils dénoncent, ils s’en foutent pour la plupart de a, c’est la fonction p, et même plus clairement la classe d’équivalence de la fonction p pour la relation d’équivalence exists u dans IR tel que p’=up«  » pour deux fonctions p’,p" quelconques.

    Par exemple, à l’entrée en L1 (ou en CPGE) où les étudiants arrivent (encore mais pour combien de temps) dans un cursus où ils vont devoir faire des maths, le désespoir (maintenant terrible) de leurs enseignants du supérieur, n’est pas que p soit élevée ou basse, mais que p (établie par le secondaire) est très loin de la fonction [i mapsto n(i)] qui décrit le vrai niveau en maths d’un étudiant sortant, et SA CLASSE D’EQUIVALENCE est très loin de celle de n.

    ** pour info, actuellement 10% des ES pensent que 40+1=50, etc, leurs acquis n’ont rien à voir avec les textes du bac

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