20 août 2009

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  • Classer

    le 22 août 2009 à 14:53, par Pierre de la Harpe

    Ce joli article me fait bien sûr penser à Jorge Luis Borges,
    né en 1899 à Buenos Aires, et mort à Genève en 1986.
    Et à son texte ``La bibliothèque de Babel’’,
    du recueil ``Fictions’’,
    publié en espagnol en 1944.
    en traduction francaise en 1951,
    et aujourd’hui disponible en ligne
    http://zombre.free.fr/pages_indispensables/bibliotheque_babel.htm
    On peut le lire comme l’exposé le plus brillant possible
    d’un classement a priori séduisant pour les très grandes bibliothèques,
    celui du désordre qui devient Ordre.

    Le début du texte est célèbre :
    ``L’univers (que d’autres appellent la Bibliothèque)
    se compose d’un nombre indéfini, et peut-être infini,
    de galeries hexagonales,
    avec au centre de vastes puits d’aération
    bordés par des balustrades basses.
    De chacun de ces hexagones on aperçoit les étages inférieurs et supérieurs, interminablement. ’’

    Sa fin l’est peut-être plus encore :
    ``(...) je dis qu’il n’est pas illogique de penser
    que le monde est infini.
    Le juger limité, c’est postuler qu’en quelque endroit reculé les couloirs,
    les escaliers, les hexagones peuvent
    disparaître - ce qui est inconcevable, absurde.
    L’imaginer sans limite, c’est oublier
    que n’est point sans limite le nombre de livres possibles.
    Antique problème où j’insinue cette solution :
    la Bibliothèque est illimitée et périodique.
    S’il y avait un voyageur éternel pour la traverser dans un sens quelconque,
    les siècles finiraient par lui apprendre que les mêmes volumes
    se répètent toujours dans le même
    désordre - qui, répété, deviendrait un ordre : l’Ordre.
    Ma solitude se console à cet élégant espoir.’’

    Il m’est arrivé plusieurs fois d’entendre des
    professeurs de mathématiques dire que,
    dans la manière dont ils concevaient leur travail,
    ils se sentaient plus proches de leurs collègues lettreux
    que de leurs collègues administrativement apparentés
    des facultés des sciences.
    Sentiment conforté par tout une littérature
    qui a, au moins pour certains,
    un fort parfum de mathématiques : Georges Perec évidemment,
    mais aussi Edgar Poe, Ramond Queneau, et bien d’autres.
    Et surtout l’auteur de « La bibliothèque de Babel ».
    Quand on tape sur google à la fois ``Borges’’ et ``mathématiques’’,
    on trouve plus de 25 000 références !

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  • Classer

    le 22 août 2009 à 15:53, par Michèle Audin

    Nous ne voulions pas l’article trop long et avons fait confiance aux lecteurs d’Images des mathématiques, pour imaginer, derrière la bibliothèque et ses classements infinis, l’ombre tutélaire de Jorge Luis Borges.

    Merci, cher Pierre, d’avoir rendu cet implicite-là explicite.

    La proximité de pensée et de modes de travail entre mathématiciens et littéraires m’est apparue avec plus de clarté que jamais au printemps dernier, pendant les manifestations, en France, contre le décret Pécresse. À Strasbourg, dans la rue, mathématiciens, historiens, anglicistes... Les façons de travailler et d’être évalués, la réflexion sur l’importance de la recherche fondamentale, tout nous rapprochait. Les autres scientifiques étaient plus rares.

    Sur littérature et mathématiques, et sur ce que google nous en apprend (des nombres...) il ne faut pas prendre ça au sérieux : n’importe quel catalogue de librairie qui vend à la fois des livres de X et des livres de mathématiques apparaît dans ces listes.

    Tapons à la fois mathématiques et

    • Queneau : 39 300
    • Borges : 25 200 (je confirme)
    • Perec : 20 000
    • Edgar Poe : 17 300

    Là nous sommes heureux. Mais continuons, nous trouvons aussi mathématiques et...

    • Victor Hugo : 116 000

    continuons l’expérience, mathématiques et...

    • Obama : 244 000 ! (je n’ai regardé que les deux premiers, il est question de modèles mathématiques pour prédire les résultats de l’élection dudit O)...

    beaucoup plus que... Gauss et mathématiques (159 000). On peut continuer à s’amuser, au hasard, mathématiques et Beatles donne plus que mathématiques et Edgar Poe

    Là aussi, google est à utiliser avec modération.

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    • Classer

      le 1er octobre 2009 à 16:04, par Thierry Bouche

      Bonjour,

      juste deux remarques :
      1. la classification mathématique s’appelle depuis quelques dizaines d’années la classification MSC (math subject classification) et n’est pas celle de l’AMS (même si son ancêtre direct a été introduit par l’AMS à la création des Math. Reviews, sa « propriété morale » est au moins partagée par l’AMS et le Zentralblatt. Je connais des gens très susceptibles là-dessus !

      2. Les chiffres retournés sur la première page de résultats de Google ne sont pas un décompte des pages comportant les termes de la recherche. Comme il est dit dans un article récemment paru sur ce site, l’algorithme de classement fait intervenir une inversion de grosse matrice qui est calculé par une itération qui converge suffisamment rapidement pour que la première page soit obtenue après très peu d’itérations (et probablement un grand nombre de simplifications et heuristiques qui permettent de mener le calcul sur un petit sous-ensemble de l’ensemble des pages web). Quand Google affiche la première page de résultats, il n’a aucune idée de la forme exacte qu’aurait la troisième, ni du nombre total de résultats. Il affiche des chiffres farfelus qui impressionnent la galerie (et, sinistrement, comme tous les indicateurs chiffrés de cette espèce, sont immédiatement employés de travers pour mesurer quelque chose qui n’a rien à voir).

      Juste deux travaux pratiques :
      a) la recherche n’est pas commutative : « théorème de thalès » donnerait 41 400 réponses, mais « de thalès théorème » 180 000 !

      b) si on va voir la page 100 de résultats, on force google à refaire ses calculs, et le nombre affiché sur la première page change !

      c) rien à voir mais quand on voit le nombre de gens qui utilisent Google pour mesurer la fréquence ou vérifier l’orthographe d’un mot, savent-ils bien dans quel corpus « de référence » ils fouillent et les occurrences qu’ils comptent ?

      Ma recherche favorite : th6or6me -> 7 870 réponses affichées
      (OCR de textes français avec un logiciel réglé sur l’anglais) th8oreme -> 1 réponse : est-ce à dire que le premier est moins faux que le second, que l’« usage » incite à la première faute plutôt qu’à la seconde, etc. ?

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      • Recherche favorite Google

        le 5 janvier 2011 à 18:35, par Bernard Hanquez

        Une petite remarque sur votre recherche favorite, aujourd’hui avec les mêmes recherches on obtient les résultats suivants :

        • th6or6me donne « Environ 6 980 résultats (0,10 secondes) » ce qui est du même ordre que le résultat de l’époque. Tout est normal.
        • th8oreme donne maintenant 2 résultats. Pourquoi le nombre a-t-il doublé ? Car en plus de l’unique résultat de l’époque, Google a maintenant indexé cette page du site.
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    • Classer

      le 6 juin 2010 à 21:19, par Bernard Hanquez

      Ces remarques sur les résultats de google, me rappellent un petit jeu dans Science & Vie Micro (je crois) il y a déjà quelques années. Il fallait trouver deux mots qui soumis individuellement à google donnaient un nombre de réponses élevées, et soumis ensemble donnaient un nombre de réponses le plus bas possible. Des combinaisons de mots à priori sans rapport donnaient des résultats assez surprenants. Google est un bel outil, mais à utiliser en connaissance de cause.

      Pour revenir au sujet principal, je range mes livres (1000 peut-être) plutôt par sujet, mais aussi par dimensions pour gagner de la place ! Il est vrai que parfois j’ai un peu de mal à en retrouver certains.

      Pour moi il y a deux faces au problème du classement des livres : celui du « client » qui cherche un document sur un sujet ou d’un auteur, et celui du (ou de la) bibliothécaire qui doit retrouver le livre dans ses rayonnages. Un bon moteur de recherche me semble alors nécessaire.

      Bernard Hanquez

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  • Classer

    le 1er octobre 2009 à 20:15, par Christine Huyghe

    Merci pour ces remarques. Nous allons préciser le nom MSC 2000 dans notre texte.

    Cordialement,

    C. Huyghe

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  • Classer

    le 14 octobre 2009 à 15:58, par optimum

    Cette précision concernant le nom MSC 2000 me paraît effectivement importante, j’allais également vous en faire part. depannage mac

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