9 août 2016

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  • Les condisciples de Galois en Maths spé

    le 18 août 2016 à 10:47, par Thomas Sauvaget

    Bonjour, je découvre cet article avec un peu de retard et je trouve l’idée de chercher des témoignages parmi les archives qu’auraient pu laisser ses condisciples tout à fait intéressante, et vous avez fait un travail de fourmi. J’ai cherché ce matin et certains ont effectivement vécu bien au-delà de Galois dans de bonnes conditions matérielles, peut-être leur descendance a-t-elle conservé des courriers ou autres mémoires.

    Plus précisément, comme ils se préparaient à l’X j’ai d’abord regardé du côté des anciens élèves de cette école grâce à ceci. Et ensuite, une fois les prénoms connus avec certitude (il y a quelques noms trop courant comme Fabre ou Fournier pour savoir lequel est le bon), j’ai utilisé un certain moteur de recherche. Il est ressorti de cette procédure les noms suivants :

    un Hippolyte Aubert né en 1813 a eu une longue carrière entre armée suisse et enseignement des mathématiques ;
    un Eugène Belgrand né en 1810, X-Ponts puis académicien, il a son nom sur la tour Eiffel ;
    un Henri Bodin né en 1810 à Lyon, Chevalier de la Légion d’Honneur (Base Léonore côte LH/265/15)
    le Louis-Adrien Bonneau est né en 1810 et est devenu capitaine d’artillerie après l’X puis maire de Vandenesse ;
    un Auguste Casteleyn, né en 1810 et mort à l’infirmerie de l’X le 15 août 1831 au soir d’une péritonite (sic !) ;
    un Charles de Cotignon, X1829, probablement pas ami de Galois car il obtint la croix de juillet de Louis-Philippe ;
    un François-Auguste Damas né en 1809 a fait l’école Militaire de Metz après l’X mais est mort à 30 ans ;
    un Gabriel Degros né en 1810, carrière militaire puis politique dans la Drôme ;
    un Eugène Dubois né en 1812, Conseiller d’État, maire de Vitry-sur-Seine ;
    le Jean Baptiste Félix était Comte Ferri Pisani Jourdan de Saint Anastase, général de brigade, Commandeur Légion d’Honneur (LH/962/11) ;
    un Jacques Fleurans né en 1809, orphelin de père comme Galois ;
    un Jules Etienne Forgeot, Général de Corps d’armée et Grand Croix Légion d’Honneur (LH/999/27) ;
    un François Joseph Frédéric Gagneur, Général de brigade. Commandant en second de l’École polytechnique ;
    le Marie François Jules Grillet de Serry fut X1829 ;
    le Théodore Juillet-Saint-Lager né à Sainte-Anne (Guadeloupe) colonel d’artillerie puis éditeur d’un journal républicain à Alger où il décèdera ;
    le Léon Louis Chrétien-Lalanne, interne à LLG comme Galois, est devenu Académicien et Sénateur, auteur de mémoires sur l’Abaque etc ;
    le Jean-Pierre Larroche fut X1829 ;
    un Michel Laudren X1831 mais non admissible dans les services publics de l’armée et exclu de l’école en 1833 ;
    un François Joseph Agis Martenet, chef d’escadron d’artillerie et Officier de la Légion d’Honneur (LH/1754/73) ;
    un Armand Blanc-Montbrun Conseiller Général de l’Isère ;
    le Jean-Louis Mourlhon, directeur du chemin de fer d’Orléans et du Centre ;
    un Louis Dupenhoat (ou Hervé du Penhoat) X1829 ;
    le François-Raphaël Perrio, Chef de bataillon du Génie ;
    un Charles Marie Eugène de Poyen, né à Basse-Terre an Guadeloupe et orphelin, X1829 et Capitaine au 6ème régiment de hussard ;
    un Philippe Auguste Réjou, X1829 mais mort à 25 ans ;
    le Jean-Edouard Réquier, indendant militiare et commandeur de la Légion d’Honneur (LH/2303/6) ;
    le Marie Constant Alphonse Rivet, Général de Brigade, mort en Crimée en 1855 ;
    un André joseph de Schaller dont le profil semble intéressant : X1830 opposé à la monarchie de juillet et insurgé des 5 et 6 juin 1832 puis colonel et décédé en 1868 ;
    un Charles Henri Imbert de Trémiolles X1830 ;
    un Jean Baptiste de Vautré X1830 de carrière militiare ;
    un Gaëtan Viaris de Lesogno, X1831 et colonel d’artillerie ;
    le Antoine Vincent, X1829 ;
    le Jules Widmer, X1829 et Capitaine d’Artillerie.

    Il y a donc quelques profils intéressants, je dirais : Aubert, Belgrand, Dubois, Gagneur, Chrétien-Lalanne et de Schaller. Reste à localiser leur descendance...

    Il faudrait ensuite rechecher les autres noms du côté de L’École Normale et des évènements anti-monarchiques, et des cercles pro-monarchie. Je passe la main :-)

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    • Les condisciples de Galois en Maths spé

      le 18 août 2016 à 15:15, par Olivier Courcelle

      Joli !

      Vous avez d’autant plus raison sur l’Ecole préparatoire / ENS, que Bissey et Pinaud y sont déjà admis sous réserve de suivre au préalable cette Math spé à Louis-le-Grand.

      L’ENS était alors en pleine restructuration. Selon ses archives, Galois n’a eu que huit condisciples en section sciences :

      Bissey (Edouard), né le 21 octobre 1805 à Montabor (Orne) ;
      Choffel (Jacques François), né le 25 juillet 1803 à Fresnes (Vosges) ;
      Gérard (Théodore François), né à Rennes (Ille et Vilaine) ;
      Lassasseigne (Jean Nicolas), né le 25 novembre 1809 à Clamecy (Nièvre) ;
      Laurent (Adolphe Nicolas Hubert), né le 20 mars 1806 à Saint-Nicolas (Meurthe) ;
      Moreau (Jean François) ;
      Pinaud (Henry Auguste), né le 3 mars 1812 à Ruffec (Charente) ;
      Pollet (Charles François Honoré), né le 17 mai 1811 à Amiens (Somme).

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      • Les condisciples de Galois en Maths spé

        le 19 août 2016 à 09:47, par Thomas Sauvaget

        Ah, bien, la liste n’est donc pas si longue. M’étant piqué au jeu j’ai recherché la descendance des noms de polytechniciens les plus prometteurs (mais il faut garder à l’esprit que l’on rate peut-être une chose importante ce faisant) :

        • de Schaller a, d’après ce site de généalogie, eut deux filles dont l’une finira sa vie veuve et sans ressources, donc on ne peut espérer des documents de ce côté là. Le patronyme ayant disparu la piste est plus difficile à suivre.

        Je m’arrête donc ici, si d’aventure la piste Aubert vous donne des choses n’hésitez pas à en faire part ici.

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        • Les condisciples de Galois en Maths spé

          le 19 août 2016 à 10:49, par Olivier Courcelle

          Yes !

          Sur Aubert, je vois qu’il y a eu une nouvelle édition en 1953, augmentée de « Souvenirs civils ». D’ailleurs une recherche dans le texte montre qu’il contient deux occurrences du terme « Gallois ».

          Dans les sources de la première note biographique sur Belgrand que vous mentionnez se remarque une « Notice biographique par Léon Lalanne (1881) », or Léon Lalanne était condisciple de Galois et Belgrand en Maths spé. Enquête faite, cette notice doit être : « Notice sur la vie et les travaux de M. E. Belgrand », Annales des Ponts-et-Chaussées, 1881, tome II, pp. 337-380. Et elle contient effectivement un témoignage sur Galois :

          C’est dans la classe de mathématique spéciale du Collège Louis-le-Grand [que Belgrand] reçut d’un excellent professeur, feu M. Richard, une instruction qui ne se bornait pas aux matières du programme restreint dont on se contentait alors pour l’admission à l’École. Évariste Galois, ce profond analyste si malheureusement moissonné dans sa vingtième année, et qui cependant a immortalisé son nom, était de notre classe ; et ce n’était pas chose indifférente que de passer une année entière au contact d’un pareil condisciple, sous la direction d’un professeur auquel n’échut pas seulement la chance d’avoir des élèves tels que Galois et plus tard J. A. Serret et Hermite, mais encore le bonheur de les juger et d’apprécier leur valeur.

          Bravo à vous !

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