18 février 2017

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  • Hommage bref à Rudolf Bkouche :

    le 19 février 2017 à 16:41, par aunryz

    [préambule : J’ai eu l’occasion, à plusieurs reprises, d’échanger avec Rudolf Bkouche sur une liste de la toile. Il m’a souvent sorti du malaise profond où je me trouvais, en me montrant que je n’étais pas dans l’errance la plus totale. Rappelons que, il y a 35 ans mettre les unités dans les calculs était très très mal vu par l’inspection* et vu comme une complication inutile par un grand nombre de professeurs de mathématiques et que, encore actuellement, on considère qu’une séance suffit à « mettre en place » une notion et le vocabulaire afférant.**]
    .

    A chaque fois qu’en réunion de profs de mathématiques, la personne qui avait le micro (sourire)² évoquait la nécessité de « donner du sens » je me permettais (aux risques encourus que l’on sait) de dire que
    « le sens ne se donne pas, il se construit à partir de l’objet d’apprentissage - rendu perceptible lors du cours de mathématiques - L’acteur principal en étant alors l’élève. »
    Penser pouvoir donner le sens, c’est manquer de confiance, d’abord en l’élève, ensuite en nous-même.
    .
    [S’il est possible d’évoquer dans cet espace ses questionnements à propos de l’enseignement des mathématiques : ]
    C’est peut-être la grande efficacité des outils et méthodes pédagogiques au service (en particulier) des mathématiques qui est paradoxalement responsable du rendement décroissant de l’enseignement de la matière ?
     :
    On enfonce plus vite et mieux ce qui n’est qu’un « corps étranger » dans l’esprit de l’élève,
    une « île de savoir » qui ne fera jamais continent - parfois même « un truc » (ex : ce que certains nomment LE produit en croix), un outil court-circuitant la difficulté (la « réquerre »), « une rédaction type » (celle de la résolution du triangle rectangle par le théorème que l’on sait) - Le « sens » on l’a injecté, grâce à cette « Explication » dont Joseph Jacotot se méfiait au plus haut point (la trouvant plus dangereuse que la violence du maître.) qui force l’élève à accepter la définition, la méthode, la propriété ... dont il n’a pas précisément pas eu le temps et le lieu pour en percevoir le sens. (Ne pas confondre avec « démonstration »)

    ___
    * J’ai beaucoup ri lorsque quelqu’un, ignorant ma longue pratique non orthodoxe des unités, m’a dit, voyant ma moue à propos des nouvelles directives concernant leur utilité dans les calculs, « vous verrez, au début c’est difficile, mais à la longue on s’y fait. »
    ** L’apparition de peinture mono-couche sur le marché du bricolage a fait beaucoup de tort à l’enseignement (doté comme je l’ai dit, lui aussi de perfectionnement intrusif accélérant le passage des flux d’informations et comprimant les temps de latence)
    L’enseignant moderne pense lui aussi qu’on peut peindre le mur en une fois, sans apprêt (sensibilisation), sans première couche (information) - avec uniquement la mono couche (apprentissage) - sans couche de finition (systématisation***)
    Et lorsqu’on s’aperçoit que le mur est mal peint, ... sans laisser à la première couche le temps de sécher - ce qui pourrait nécessiter 6 mois ... un an, plus pour certains - on barbouille dessus avec le résultat que l’on connaît.)
    *** - lorsqu’elle est nécessaire, c’est à dire lorsque le savoir est enseigné POUR LUI-MÊME et non comme savoir outil.)

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