28 octobre 2009

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  • D’Alembert doute-t-il de tout ?

    le 28 octobre 2009 à 20:27, par Pierre de la Harpe

    Les appréciations concernant D’Alembert,
    qu’elles soient ``globales, donc fausses et hasardeuses’’
    ou plus précisément dirigées,
    ne datent pas d’aujourd’hui, comme vous le notez bien.
    Le hasard (ou presque) du vagabondage sur le ouèbe m’a fait tomber récemment
    sur un extrait d’une lettre d’avril 1768,
    où Daniel Bernoulli s’adresse à son ami de très vieille date,
    Leonhard Euler.
    Il y revient sur la critique par D’Alembert de son travail mathématique sur la petite vérole.
    On peut lire cet extrait à la page 12 d’un article de Klaus Dietz et J.A.P. Heesterbeek,
    ``Daniel Bernoulli’s epidemiological model revisited",
    Mathematical Biosciences 180 (2002) 1-21, voir
    http://igitur-archive.library.uu.nl....

    Il ne s’agit pas d’y trouver des arguments pour donner raison
    à Bernoulli contre D’Alembert (ou vice versa).
    Mais bien un témoignage de plus que « le monde pur et parfait »
    de la science désincarnée ne relève au mieux que d’un fantasme :
    les scientifiques ont aussi
    des opinions personnelles, des susceptibilités, des conflits,
    et de grandes amitiés.

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  • D’Alembert doute-t-il de tout ?

    le 30 octobre 2009 à 15:23, par Pierre Crépel

    Merci d’avoir signalé cet article récent et intéressant sur les modèles épidémiologiques, où D’Alembert et Daniel Bernoulli sont évoqués (certes de façon un peu approximative et partielle ...).

    Il est vrai que les deux savants ne s’aimaient pas, mais, contrairement aux apparences, il ne s’agit pas d’abord ici d’opinions personnelles, de susceptibilités, etc. C’est surtout que l’un et l’autre ne parlent pas de la même chose, bien qu’ils cherchent tous les deux à évaluer mathématiquement les avantages de l’inoculation de la petite vérole. Dis en gros, Daniel Bernoulli se place du point de vue de l’Etat, à partir d’un critère unique (l’allongement de l’espérance de vie), alors que D’Alembert recherche un équilibre entre l’intérêt de l’Etat et celui de l’individu, en envisageant une batterie de critères.

    Les deux mémoires sont remarquables et très novateurs, ils portent en germe une grande partie des avancées et des débats sur la statistique mathématique des XIXe et XXe siècles. Il est bien sûr dommage que ces deux savants aient vécu cela sur le mode (moins efficace qu’on ne croit) de la concurrence, plutôt que sur celui de la coopération. Remarque qui n’est pas sans lien avec l’actualité des nouvelles règles de gestion de la recherche scientifique en 2009.

    Je reviendrai bientôt sur ces sujets dans un prochain billet.

    Pierre Crépel

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