11 avril 2010

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  • Le Savant Cosinus

    le 11 avril 2010 à 12:58, par Michèle Audin

    On trouve d’ailleurs dans « A la recherche du temps perdu » de nombreuses remarques qui témoignent d’une bonne culture scientifique.

    Par exemple :

    Les palais m’apparaissaient réduits à leurs simples parties et quantités de marbre pareilles à toutes autres, et l’eau comme une combinaison d’hydrogène et d’azote, éternelle, aveugle, antérieure et extérieure à Venise, ignorante des Doges et de Turner.

    Au moins, on ne pourra pas parler d’eau oxygénée... (c’est dans Albertine disparue), oui, mais aussi, je le sais bien

    l’algèbre, ce n’est pas la natation ni même l’anglais, cela s’apprend aussi bien dans un livre

    dans la Prisonnière.

    Sur la question, et d’autres liées, je me permets de te renvoyer, mon cher Jacques, ainsi que les lecteurs intéressés, à mon texte Carrés imparfaits.

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  • Le Savant Cosinus

    le 12 avril 2010 à 19:52, par Pierre de la Harpe

    Longtemps, je me suis non seulement couché de bonne heure mais aussi demandé d’où Proust tenait sa remarquable culture scientifique — merci de m’avoir fourni une indication. Il n’y avait sans doute pas tant de célébrités littéraires qui, dans un livre publié au début des années 1920, était capable d’écrire :

    « J’en reviens à notre livre de philosophie, c’est comme les principes rationnels, ou les lois scientifiques, la réalité se conforme à cela, à peu près, mais rappelle-toi le grand mathématicien Poincaré, il n’est pas sûr que les mathématiques soient rigoureusement exactes. »

    Il s’agit d’un passage dans « Le côté de Guermantes ». Saint-Loup y tient au narrateur des théories qui le rendaient heureux.

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    • Le Savant Cosinus

      le 13 avril 2010 à 19:30, par Michèle Audin

      Il n’y avait sans doute pas tant de célébrités littéraires qui, dans un livre publié au début des années 1920,

      Plus qu’aujourd’hui en tout cas.

      Une remarque qui va dans le même sens : Poincaré avait été membre de l’Académie française, Picard y a été élu aussi (dans les années 20, précisément). En ce temps-là, la science faisait partie de la culture « officielle ».

      Combien y a-t-il de scientifiques aujourd’hui à l’Académie française ?

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    • la culture scientifique des écrivains

      le 25 avril 2010 à 18:03, par a.leblanc

      Il n’y avait sans doute pas tant de célébrités littéraires qui...

      sans doute mais tout de même, il y en eut : Flaubert, Diderot, Stendhal (relisez son autobiographie,
      il y a un passage sur les nombres négatifs tout à fait digne
      d’intérêt)
      pour parle des plus anciens, Verne bien entendu et j’en oublie... Reste qu’on
      peut être cultivé sans utiliser ses connaissances dans ses oeuvres. Sans doute la formation même de l’écrivain tient-elle une place prépondérante s’il possède ou non une culture scientifique. Songeons aux écrivains médecins (Céline
      bien entendu, Slauerhoff, ...). Mais de tous ces écrivains,
      y compris de Proust, on ne pourrait pas dire non plus qu’ils
      sont des scientifiques, au sens de chercheurs en sciences.

      Je serais en fait très intéressée de connaître les membres de l’académie française qui furent aussi des scientifiques.

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