23 juillet 2010

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  • Le recrutement local

    le 17 août 2010 à 12:25, par Barbara Schapira

    Cet article est bien interessant.

    Quelques remarques en vrac. Sur la forme, les suisses emploient « professeure » au féminin.

    Le recrutement non local est crucial juste après la thèse, pour que les jeunes chercheurs prennent leur autonomie. A cet age la (27-30 ans), la famille n’est en général pas encore fixée.

    Le problème du non recrutement local serait moins dramatique pour les vies de famille, s’il était humanisé par :

    1) un droit au rapprochement de conjoints comme partout dans la fonction publique. On devrait pouvoir exiger de travailler dans la meme académie que son/sa conjointe, et ca ne menacerait pas pour autant la cohérence scientifique des laboratoires, surtout dans les grands centres.

    2) la reconnaissance du fait que le passage au grade de professeur est, de fait, une promotion dans notre carrière.

    Et donc, que les collègues qui ont dix à vingt ans d’ancienneté dans le grade de maitre de conférence, dirigent des thèses, des projets scientifiques (responsable locale de projet ANR, de GDR, etc), menent des missions de coopération scientifique internationale (accueil de post-doc, coopération avec l’étranger) assurent des taches pédagogiques importantes (responsable de prépa Capes par ex, ou de master 1 ou 2, etc) font de fait un travail de professeur, et méritent donc d’en avoir et le titre et le salaire.

    Ca permettrait de maintenir la motivation de toutes les personnes non mobiles dans les laboratoires...

    3) la reconnaissance du fait que le non recrutement local pour le passage prof n’est pas identique a Paris et en province. Quand un Mdc d’Orsay passe prof a Versailles ou Paris, ce n’est pas pareil qu’une Mdc de Brest bloquée dans sa carrière par manque de mobilité.

    Quand le CNRS épingle le recrutement local de professeurs dans des labos de province, dans des villes moyennes méconnues et a priori peu attractives, c’est aussi par méconnaissance du niveau du concours, objectivement moins élevé dans ces villes qu’à Orsay.
    En effet, les MC en poste dans des grandes villes à la mode et dans des grands labos prestigieux, avec leur vie de famille sur place, préfèrent fréquemment rester MC que postuler sur des postes de professeurs dans des villes et labos plus modestes.
    Ceci fait qu’un tel laboratoire a parfois (souvent ?) intéret à recruter localement sur un poste de professeur un collègue local actif, investi, motivé, et de bon niveau, plutot qu’un collègue venu de loin, avec un dossier moins bon scientifiquement, et sans aucune garantie d’investissement local. (Ca dépend des années, mais le cas se produit régulièrement)

    Le problème se pose aussi dans de grands labos de province.
    De nombreux MC recrutés dans des villes très sympas, avec des labos dynamiques, y fondent une famille et ne souhaitent plus bouger. Si on bannit le recrutement local, on risque de se retrouver avec des jeunes professeurs venus de l’extérieur, de très bon niveau certes, mais travaillant dans des équipes de recherches entourés de MC plus agés, plus confirmés, et tout aussi bons chercheurs.
    Ceci va à l’encontre de la cohérence de nos carrières et de la sérénité des labos.

    4) on pourrait encore imaginer des mobilités temporaires : recrutement prof dans une autre université, d’accord, mais droit à mobilité accru au bout de quelques années.
    Ou plein d’autre solutions. Une promotion au grade de professeur sur liste nationale, par exemple, pour les MC bloqués par manque de mobilité. Etc etc
    Bref, toutes sortes de solutions pour humaniser une règle qui, vue de loin, est excellente, mais de près pose d’innombrables problèmes.

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