26 septembre 2010

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  • Quelques questions de nature statistique liées au débat sur le climat

    le 28 septembre 2010 à 09:21, par Sylvestre Huet

    En complément à ma première remarque, et dans le même esprit « pourquoi faire compliqué lorsqu’on peut faire simple » à propos de la phrase de monsieur Deheuvels :« Par exemple, plusieurs auteurs ont signalé le fait que, de 1999 à 2010, l’élévation de température, observée dans l’hémisphère nord, restait très en deçà de ce que prévoyaient les modèles basés sur l’influence de l’augmentation de la teneur en CO2 dans l’atmosphère. Comme celle-ci augmente avec un rythme constant, il serait cohérent avec les modèles concernés de voir un phénomène identique pour les températures. Comme ce n’est pas le cas, cela met ipso facto en défaut le caractère interprétatif des modèles concernés ». Déjà, il est curieux qu’un scientifique de ce calibre ne sache pas que la variabilité interannuelle de la température moyenne est pilotée par un ensemble de facteurs dont certains ont, sur une année, une influence très supérieure à celle de l’augmentation de l’effet de serre provoquée par la hausse de la teneur de l’atmosphère en gaz du même nom. Comme cela fait partie des savoirs de première année d’université en sciences de la Terre, il est assez logique que les spécialistes en modélisation numérique du climat le sachent aussi, et en conséquence qu’aucun d’entre eux n’ait proposé que l’évolution des températures moyennes suive linéairement celle de la teneur en gaz à effet de serre (je fais grâce à monsieur Deheuvels d’avoir oublié que la rétroaction élévation de la teneur en CO2 en raison de nos émissions/température plus élevée/augmentation de la teneur en vapeur d’eau, gaz à effet de serre principal... produit un effet en température supérieur au seul effet du CO2).
    Sur une durée de 10 ans, et non d’une année sur l’autre, le raisonnement est le même, tant pour les observations que pour les simulations numériques du climat passé et futur puisque les deux montrent que l’effet « effet de serre augmenté » peut être masqué pour des périodes allant jusqu’à 15 ans par d’autres facteurs temporaires (volcans, oscillations océaniques etc). La bonne référence sur le sujet est David Easterling et Michael Wehner, (National Climatic Data Center et du Lawrence Berkeley National Laboratory), Is the climate warming or cooling ?, GEOPHYSICAL RESEARCH LETTERS, VOL. 36, L08706, 3 PP., 2009 doi:10.1029/2009GL037810.
    Pour finir, je trouve extrêmement curieux et instructif la situation présente. Dans toute ma carrière de journaliste scientifique j’ai jusqu’à présent été dans la situation où tous les scientifiques avec lesquels j’étais en discussion me fournissaient les références d’articles à lire pour que je m’informe avant d’informer mes lecteurs. Que la situation s’inverse et que je doive indiquer à un membre de l’Académie des sciences les références d’articles parus afin qu’il rectifie ses erreurs relevant d’un niveau licence ou des affirmations en contradiction avec la production scientifique... le tout sur un sujet sur lequel il n’a lui même jamais travaillé est certainement l’indice clair d’un processus ayant largement dérapé.

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